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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 21:08

 

 

jacquette-lunettes113.jpgAnna Rozen est myope mais sa plume a le regard perçant qu’elle prête à ses personnages. Des personnages qui sont sûrement un peu autobiographiques bien qu’ils n’existent que dans leur imagination ce qui revient à dire que cette délicieuse auteure se vit bien dans le dédoublement de personnalité comme on l’a vérifié depuis La Bombe et moi (Le Dilettante – 2008). Anna Rozen nous livre, juste à temps pour la rentrée littéraire, une trilogie  aux petits oignons, Je vous prête mes lunettes, où les sentiments étranges le disputent à des délires très personnels et à une très légère paranoïa.

 

J’aime pas les gouttes.

 

Une goutte qu’y a-t-il dans une goutte quand elle commence à dégouliner du plafond? Elle tisse sa toile comme l’araignée du coin, elle déborde naturellement dans la première nouvelle intitulée Amoureuse.  On y fait la connaissance d’une solitaire pleine de sollicitude pour elle-même qui d’une goutte fait un roman fleuve pour âme en mal d’eau de rose. Dès qu’elle s’imagine une rencontre avec un autre, elle s’emballe, elle entrevoit un homme, son voisin, son assureur, son plombier, le peintre, son voisin de cinéma, de métro, de bar-tabac, la liste n’est pas exhaustive, elle se voit jolie, ravissante, sexy pour ces êtres  d’essence masculine qu’elle pressent empressés à finir entre ses draps. Las, le voisin sonne creux, l’assureur est une assureuse, le plombier plombant, le peintre chiant, elle n’est pas la coqueluche du gars qui tousse au cinéma et le type dans le métro sent sous les bras, et descend une station avant elle. Mais c’est pas grave, non. Au fond, l’amoureuse ne se plait que dans les bras de ses rêves.

 

 

J’aime pas les nanas

 

Dans Jalouse, l’écrivaine se déchaîne, elle écrit tout haut tout ce que les femmes pensent tout bas de leurs congénères, les pétasses, les pouffiasses, les garces, les mannequins, les grosses, les même pas belles. Rien que des ennemies en puissance, des nanas qui veulent à coup sûr l’empêcher d’être, vue, d’être tout court bref ça lui pourrit l’existence. A propos d’une de ces créatures aperçues dans le métro – il est beaucoup question de métro chez Anna Rozen, une Parisienne sûrement : “Mais que le goudron s’ouvre sous ses pas! Que la grille autour du pied de l’arbre se soulève! Qu’elle trébuche dans une grosse merde molle! Qu’elle glisse, qu’elle se ramasse! Merde de chien dans ses cheveux, dans les franges de son écharpe. Sourire effacé. Bien fait, qu’elle meure de suffocation dans la plus ignoble des puanteurs. Non, pire encore que la merde de chien : le clodo. Voilà, qu’elle se vautre contre un, qu’il se plaque à elle, qu’il se frotte à son trench ouvert, à sa jupe dessous, à sa chemise. Que la sale odeur d’humain pourri la contamine jusqu’aux os. Qu’elle pue, qu’elle se putréfie sur place, là, debout dans la rue.”

Houlà! Si la haine est proche de l’amour, la narratrice est elle, à deux doigts de se transformer en Mère Térésa. Pas d’affolement, la jalousie ça se soigne, ce n’est qu’un étrange animal tapi au fond de l’être “humaine” qui va s’administrer un traitement de choc que le lecteur se fera un plaisir de découvrir. Il suffisait d’y penser.

 

J’aime pas les trucs

 

Agueuzie, la plus longue des trois nouvelles,  nous entraîne dans un changement de sexe, celui de l’auteure qui se glisse dans la peau d’un homme qui n’a goût à rien, pour voir le goût que ça a. Ici, on chausse les lunettes d’un personnage privé de papilles mais doté d’un évident désintérêt des joies de la vie. Oh! Il n’est pas méchant, il écoute ses amis, partage leurs peines, baise leur femme, ne manque ni un vide-grenier ni un enterrement encore moins une soirée costumée. Il va applaudir Johnny avec la serveuse du Balto, se laisse mollement draguer par une certaine Myriam, ne se sent jamais seul avec une bière - car il peut goûter le frais - et un bouquin mais bon, la vie ne lui fait rien, il s’en fout mais il la vit quand même quand d’autres la perdent : “Tout le monde en noir, air hébété de rigueur. Non, ce n’est pas une nouvelle fête avec dress code idiot, pas non plus la sortie d’un (…) concert (…) éprouvant. Juste un enterrement. Cimetière de proche province, on a laissé les voitures au bord de la route, procession morte. Nous sommes tous vivants autour d’un trou rectangulaire creusé dans la terre. Difficile de ne pas secouer nos têtes de gauche à droite et retour. Cet imbécile de Bernard. Suicidé à son âge! Un suicide de vieux, c’est pas sérieux. A vingt ans, c’est romantique, magnifique, désolant, exaltant. Les parents culpabilisent, les amis sont pris de vertige, les partenaires sexuels effondrés. A près de soixante-dix ans, personne ne comprend. Suicide de vieux, enterrement de vieux. Sa femme s’en veut de nous réunir pour une réunion aussi triste et qui nous met le nez dans notre caca, comme si on avait besoin de ça.” Et, là, notre héros est un peu triste, un peu seulement, point trop n’en faut. Les trucs, il s’en fout autant que des glaces à trois boules du Balto. Et pourtant, il est fin observateur de ses contemporains, comme Anna Rozen qui, de fil en aiguille, réinvente une existence à son personnage avec un sens étonnant de la construction, du développement et de la bonne chute.

 jacquette lunette114

 

A l’évidence, l’auteure a ses auteurs. Parfois, on frôle Kafka, Carver ou Tenessee sans jamais sombrer dans la copie, le tout brodé au petit point, de la dentelle à l’encre et parfaitement emballé dans une écriture élégante, fine, drôle et impertinente. Et fraîche. Je vous prête mes lunettes, nous aide à y voir clair dans des sentiments, jalousie, indifférence, surestimation de soi,  ni bons ni mauvais mais que n’osons pas trop nous avouer. Un petit bout de confession par plume interposée qui nous octroie un genre d’absolution. A lire d’une traite.

 

Copyright : Olivia van Hoegarden

 

Je vous prête mes lunettes

Anna Rozen

La Dilettante

Sortie le 14 septembre.

 

 blog : http://overblogozen.over-blog.com

 Illustration Charles Berbérian

 

 

 

 

 

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 22:43

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Flipo110.jpgGeorge Flipo, un de ces publicitaires qui ont lâché le Mac pour la plume, donne une suite à "La commissaire n’aime point les vers" qui a déjà fait se gondoler un bon nombre de fans enthousiastes. Il prend résolument la route du polar, un genre qui lui réussit. Dessinant à coup de piques les contours de son héroïne, Viviane Lancier, décrivant en giclées de ridicule le monde des bronzés, Flipo noue et dénoue une bonne petite intrigue. Mesdames et messieurs, applaudissez "La commissaire n’a point l’esprit club”. A tous les coups une bonne lecture de vacances.  

 

Allez, c’est les vraies vacances qui commencent pour les aoutiens français, il va faire beau et chaud comme disent les Belges quand ils pensent faire une contrepèterie. C’est le moment de prendre un rafraîchissement à lire. En l’occurrence, "La commissaire n’a point l’esprit Club", la suite de "La commissaire n’aime point les vers", où le lecteur faisait connaissance avec la commissaire Lancier, Viviane, comme la fée de Brocéliande, de son prénom. Mais Viviane Lancier n’a rien d’une fée en fait, et son arme de service n’est pas une baguette magique. Elle se trouve moche, mal fagotée, quelconque. Coeur d’artichaut, elle en pince pour un de ses subordonnés. Hélas, lorsque le directeur d’un club de vacances sur l’ïle de Rhodes est assassiné dans d’horribles conditions, on adjoint à la commissaire, un blanc-bec, Willy, gaulé comme un GO qui l’accompagne sur les lieux du crime  où ils se font passer pour des GM. En effet, en haut lieu, on a demandé “pas de vagues”, un comble sur une île et c’est dans la discrétion la plus absolue que Viviane doit mener son enquête.

 

Autant dire qu’elle n’est pas sortie du bungalow, la commissaire.

 

Avec un humour léger et un goût de la dérison qui fait mouche, Georges Flipo nous fait partager la vie de ce faux Club Med où se mélangent les Hétoilas, les Chéris, les Cocos et les Kikis. Ils se se complaisent dans les ateliers macramé ou gymnastique posturale avec un délice qui montre bien qu’ils en ont pour leur argent. Tout cela est très au-dessous de la façon dont la commisaire Lancier envisage le bonheur. Et les cadâvres de tomber comme des mouches.

 

Dans une précédente affaire, Viviane a planté son enquête, si elle ne fait pas gaffe ça va chauffer pour son matricule. Son adjoint la joue à l’instinct et commet plein de bévues qui s’avèrent au bout du compte autant de bonnes leçons pour la commissaire qui est un peu psychorigide dans sa manière d’enquêter. Et puis, elle est ronchon de nature.

 

Lorsque son adjoint lui parle des réjouissances du 14 juillet:

 

“Bien sûr que Viviane voyait : elle imaginait les Chéris, jouant au peuple en liesse, ils ne devaient guère se forcer. Les fiers-à-bras et les exaltés du premier rang, les couards et les frustrés au second, la foule obéissante qui suivait et s’enrageait peu à peu. Elle imaginait même toute l’humanité, toutes les révolutions. Elle sentait monter en elle de vieilles détestations refoulées, elle ne savait lesquelles. Il lui fallait chasser ces mauvaises pensées, elle était là pour une enquête.”

 

Une vraie prise de tête. On le voit bien. Mais décrite avec intelligence et finesse.

 

Bien entendu on s’en doute, comme l’héroïne en demi-teinte, tout est à l’avenant. Il y aura des bons qui gagneront à la fin et les coupables seront punis mais justice sera-t-elle vraiment rendue et Viviane regagnera-t-elle la confiance de ses supérieurs? Pour le savoir Rendez-vous sur la plage.

 

Copyright : Olivia van Hoegarden

 

La commissaire n’a point l’esprit club

George Flipo

La Table ronde

286 pages

18 euro

 

 

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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 22:35

House-of-Worth-1880.jpgOui, la Fashion Week, c’était la semaine dernière mais je suis la carabiniera du blog, j’écris toujours quand la fête est largement terminée. Dont acte. N’empêche pour une fois, j’étais invitée à un fashion show, pas n’importe lequel, celui de Worth Couture, le revival de la Maison Worth fondée par Charles Frédérick Worth. Oui le grand Worth qui comme chacun ne le sait pas inventa la Haute Couture, les défilés  sur des mannequins vivants qui bougent, remplaça la crino par la cage puis par le faux-cul et se trouve être par ailleurs, mon aïeul.

gran-me-copie-1.jpgOui, c’est lui là, et moi, bras-dessus bras-dessous comme de vieux potes. C’était en 2005, lorsque ce tableau  de Gran-Dad, vendu aux Etats-Unis dans une débâcle financière, a fait son retour dans ma famille et sur mon mur, ce qui est un zeugma comme formule littéraire. On peut voir que je lui ressemble par le double menton mais que pour ma part, j’ai renoncé à la moustache. Aussi, là, il a l’air plus petit que moi, il n’en était rien car il mesurait 1m90, ce qui est très grand pour un homme né en 1825, et le reste pour un homme d’aujourd’hui aussi d’ailleurs. Par exemple, mon fils Alexandre mesure déjà 1m90 aussi  à 34 ans seulement, Mais je m’égare.

La maison Worth a duré cent ans, elle s’est endormie aux environs de 1948, alors qu’elle avait été créée sous Napoléon III. Puis plus personne, sauf moi et la famille n’en entendit plus parler. En 2000, un Anglais, Martin, a racheté la marque et créé pour faire bref, Worth Couture. Il s’est associé à Dilesh, un Indien, qui possédait les parfums Worth dont le capiteux Je Reviens qui va être recréé dans sa fragrance originale. Worth-géant

Ils ont engagé un styliste italien qui parle très bien français, Giovanni passionné par Worth. Il a créé des modèles en s’inspirant non pas de l’inventeur du faux-cul mais de celui de la cage, une crino allégée, d’ailleurs sa collection s’appelle sobrement A Gilded Cage. Worth-2197.jpg

C’est somptueux.

Worth-2213.jpgHélas, jusqu’ici, il présentait ses modèles, Ô paradoxe, sur des mannequins inanimés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette saison, il a innové et j’ai pu assister au plus petit défilé du monde : un seul modèle. C’est ainsi que l’arrière-arrière-petite fille de Worth, bibi, s’est retrouvée nez-à-nez avec l’arrière-arrière petite fille de Claudia Shiffer, ce qui est un calcul à peu près correct si on compte avec l’inéxorable accélération du temps. Worth-2284La dame très court vêtue, très haut chaussée, n’a montré à aucun moment qu’elle s’ennuyait tandis que les amateurs lui tournaient autour armé d’I-Phone 4 et de petits gâteaux estampillés Fleur de Mets. 

Pour me donner une contenance, moi aussi, j’ai inspecté tout ce joli travail, une coupette d’une main et mon vieux Nokia Navigator 6110 tout pourri de l’autre. Genre, très rédactrice de mode. Et ma conclusion, c'est que ce splendide travail dont les mesures d’époque prouvent qu’elles se laissent porter par des mensurations d’aujourd’hui, n'est portable que dans de très chic circonstances, Haute Couture oblige mais que ça vaut bien du Galliano ou du Chanel, toutes proportions gardées bien sûr. Hélas je crains que mon propre volume m’interdise à tout jamais de porter une création de la maison Worth. La vie est mal faite.

 

Copyright : Olivia Worth van Hoegarden

 

NB : La licence créative m’a peut-être fait énoncer des contre-vérités, j’en demande par avance pardon aux interessés à qui le droit de réponse est naturellement ouvert.

Je remercie Sara Malocco et son bureau de presse pour les photos représentant les modèles de Worth Couture.

 

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 00:51

avatar sp02112Au début il y a la fraîcheur de l’écriture qui anesthésie et désinfecte, il cherche la veine et puis il pique avec sa plume. Et il laisse couler … des larmes, du sang, de la sueur, du sperme…

 

Marc Desmazières, talentueux créatif, lauréat du prix Plume d’agence 2010 avec la prometteuse nouvelle, Mauvaise graine, s’approprie le genre et livre un délicieux recueil  d’alléchantes histoires : Je vous salue maris. Attention vitriol et scalpel façonnent en 19 épisodes une vision-désillusion du couple, salée-épicée, crue- cul.  “Valérie disait toujours oui à son amoureux (…) au petit matin elle prenait toujours bien soin de le sucer. Sa mère lui avait appris que c’était le meilleur moyen de garder un homme.” D’aimer, ici, de respect, il n’est pas question, c’est de l’humour, de l‘amour mort, sans rédemption.

 

N’oublie pas ta brosse à dent.

 

Qu’une femme de passage lui fasse le coup de la brosse à dents “oubliée là par hasard” cet homme se met dans des étas de clairvoyance extrème :“Comme Ulysse, un beau jour, il subit le pouvoir d’une Circé (…) Endormie sa vigilance de guerrier, elle en avait fait un éleveur. Il s’occupait de bébés qui paissaient dans un parc, il nettoyait les écuries-berceaux et faisait du fumier avec les couches.” Monsieur est connaisseur… Et dire que les femmes s’extasient devant les hommes qui torchent les petits derrières! Si elles savaient que s’ils ne se défilent pas, c’est par pure lâcheté ou parce qu’ils espèrent en échange quelques susucres sous la couette.

Desmazières nous emballe avec de belles belles envolées mais aussi, des chutes mortelles : “Sans commentaires et sans tendresse, il la saisit, la plaqua contre le canapé, et, lui tenant la nuque avec la main, il lui fit, naturellement, ce que son mari n’aurait jamais fait.”

 

Cherchez le mufle

 

D’ailleurs, les maris, les femmes, les amants et celles qu’on n’a pas eues, il les aligne contre le mûr et flingue à tout va, sans discrimination de sexe. Avec une balle dans la nuque toutefois pour le mâle poisseux “…cow-boy désapé (la) chevauchant ardemment (…) quelques kilomètres dans le désert de sa vie sexuelle.” et un feu nourri pour les salopes en tous genres qui, à peine leur mari mort,  prennent pour amant, le meilleur ami d’icelui: “En tous cas, la patronne du bordel de ta vie, c’est ta femme.”  Les mijaurées qui ont la migraine lors d’un week-end en amoureux aux petits oignons, du genre dont vous et moi, nous rêvons, ont la faveur de son fiel tout frais.

Et que dire de celles, mais quelle est le mot féminin pour mufle, qui ne cherchent qu’à se faire appeler “madame” et puis “maman” tout en surveillant d’un oeil neutre l’engrossante et innocente progression de ces quelques centimètres de chair grâce auxquelles elles vont se “caser”? Et si vous faites partie des goujats qui collectionnent les maîtresses mais n’ont qu’une femme, la mère de leurs enfants,  pas de pitié non plus. Allez vous faire voir ailleurs.

 

Mentir, tu devras

 

Ailleurs, oui mais où? Le mariage est un enfer, l’amour, une impasse. les hommes se prennent pour de bons coups, les femmes  les considèrent comme des bonnes affaires. Sur quelle planète, faut-il aller chercher la réussite du couple? Desmazières ne donne pas la réponse mais il est intarrissable sur les choses à ne pas faire  : déshabiller avec trop de précipitation, se prendre pour un tombeur alors qu’on n’est qu’une machine à cash, refuser de quitter son conjoint, vouloir rester avec lui, c’est pas bien non plus, offrir un tour du monde, réaliser son rêve sans exaucer celui de l’autre, dire la vérité, ne pas se méfier d’une fille moche, débander, aimer enfin. En revanche, le mensonge est un must. Ce bienheureux défaut recolle toutes les façades.

 

Je vous salue maris, désespère de la femme comme de l’homme et sous l’écriture acérée, apparaît  l’impossibilité de conjuguer le conjugo avec la bonne concordance de temps. Pour se justifier, l’auteur invoque Kierkegaard: “Le mariage est et restera le voyage de découverte le plus important que l’homme puisse entreprendre ; toute autre connaissance de l’existence, comparée à celle d’un homme marié, est superficielle, car lui, et lui seul a vraiment pénétré l’existence.” Pénétré? Ce Kierkegaard est impayable!

 

Car oui bien sûr, on rit. Desmazières, en virtuose, jongle avec les mots et les mauvais sentiments, les attendus et les malentendus. Je vous salue maris, se déguste cul-sec. Buvons donc, à la santé de nos unions mourantes.

 

`Merci à Philippe Lafitte qui m’a inspiré ce titre.

 

Je vous salue maris…

Marc Desmazières

Editions Kirographaires

16,95 euro

Sortie 29 juin

 

 

 

Copyright Olivia van Hoegarden

 

 

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 18:17

 

Le roman de Sylvie Ohayon vient de recevoir le prix de la Closerie des Lilas. Un prix qui récompense les femmes qui écrivent bien. Pour les hommes aussi.

 

 

Quand on vient tout juste de refermer Life, l’autobiographie de Keith Richards, il semble normal de passer à Papa Was Not a Rolling Stone de Sylvie Ohayon. Si le premier est une histoire à couper l’héroïne, le second est un roman autobiographique à couper le souffle.

 

Pour raconter sa vie, qui n’est pas celle de tout le monde, Sylvie Ohayon choisit le roman autobiographique. Tombéeohayon-cover029.jpg du sein de sa mère, fruit pourri venu du fruit défendu, Sylvie Ohayon attaque la falaise avec des mots qui percutent comme des uppercut. Loin de les égrener façon Trois  Morceaux En Forme De Poire d’ Erik Satie, elle les assène. C’est du Carl Orf en ode à la joie, lancinant de douleur comme un un Boléro de Ravel.

 

Une vie de merde.

 

Sylvie passe en revue une vie de merde et de bonheur. Elle a vendu des diamants, parsemé de pépites sa carrière de créative publicitaire. Orfèvre et révoltée, elle écrit à la Kalachnikov, en rafale.

Elle fait des enfants comme une femelle de la nuit des temps. Remercie l’homme qui l’aime et qui a bien de la chance d’être aimé d’elle.

 

Ici, pas de jeune fille en fleur mais des cornes de gazelle en guise de Madeleines.

 

Elle ne parle pas d’amour mais de brulûres, de tortures géantes. Le mépris et les baffes, les injustices, Sylvie les prend au plexus, d’un con qu’elle refuse d’appeler Papa. Puis, elle prie son dieu juif, son dieu kabyle et sa sainte vierge Marie, le cul entre trois prie-dieu, il vaut mieux, qui que l’on révère, envoyer plusieurs CV.

 

Une banlieue pleine d’amour.

 

Au fil des pages cette jeune juive tunisenne de mère, de grand-mère et de coeur, kabyle de déshonneur, non Papa ne l’a pas élevée, ne l’a pas reconnue, ne lui a rien donné que des regrets, nous conte son enfance, sa jeunesse dans la cité des 4000 à La Courneuve. Une banlieue pourrie où réside tout l’amour de Margot sa grand-mère, de son irresponsable de mère, Micheline, de son salopard de beau-père qui l’a reconnue pour son malheur et lui a donné son nom de goy qu’on ne connaîtra jamais. Et d’ailleurs, qui se soucie de cette brute qui ne bat qu’une enfant, des records de haine et qui pue sous les bras: “Daniel ne m’a pas tuée. Daniel m’a permis de ne pas avoir peur. J’ai dépassé ma peur de lui, et avec elle, celle de tous les autres hommes (…) il ne m’a pas brisée, il était à l’extérieur, rien à voir avec moi, mes valeurs, mon éducation. Sa méchanceté m’a appris à être gentille, sa laideur à apprécier la beauté.”

 

La vraie belle vie

 

De là, elle nous emmène vers une vraie belle vie, faite de richesse, de clinquant, d’hôtels et d’appart à des mille et des cent où quand bien même, elle en chie : un homme qui la trompe, des talents, en veux-tu en voilà, qu’elle répand dans les agences de publicité où elle fait la nique à Beigbeider, se fait des amis sans importance comme Jacques Séguéla dont on peut dire tout ce qu’on veut, il sait aimer la force, le talent, les particularités, la folie et aussi, la sagesse, la belle, la sagesse passionnée à la Sylvie Ohayon.

 

Ce qu’il y a de violence en Sylvie, c’est ce qui la tient vivante, ce qui la fait écrire jusqu’au bout sans oublier une virgule ni un point dans la gueule.

 

Un peu de morale ne fait pas de mal

 

Elle est mal née, malmenée, Sylvie, mais elle jure qu’elle s’en est sortie. Ses yeux crachent des larmes, sa plume étincelle dans le noir tel un feu d’artifice de volonté de vivre, de surmonter la vie moche de sa cité, si belle pourtant car elle y trouve l’amour et l’amitié de ceux qui ont pansé les blessures de toute une vie. Bon, parfois, elle nous fait un peu la morale, qu’est ce qu’on a à se plaindre, à côté de ce qu’elle a vécu :” Avec Robert (…) on est restés comme ça toute la nuit sans dormir et j’ai pensé que pour enfanter une aurore, le jour avait besoin de la nuit et c’est comme ça que j’ai compris qu’on n’accomplit rien de grand et de beau tout seul”.

 

Parfois, on s’embrouille, c’est qui qui est mort, c’est quand qu’elle était à l’hosto, c’est quel enfant à  qui elle donne la vie, quelles études elle a faites, était-elle dans la pub et dans le diamant en même temps? Cela n’empêche qu’elle nous porte la bonne parole : “Trouvez-vous quelqu’un à admirer, une homme, une femme, un chien, ça vous donnera une direction. Moi, j’avais Margot (sa grand-mère tunisienne) même si je savais que je n’étais pas de ses entrailles (…).

 

Et maintenant? Elle se “tire à Brooklyn” pour finir son nouveau roman. “Je pleure puis j’écris”, confie-t-elle. La dame a des moyens.

Après tout ce qu’on a pris dans le buffet, on espère qu’elle ne va pas nous ménager. Et qu’elle va nous refiler à nouveau des pages qui sont comme autant de claques.

 

Olivia van Hoegarden

 

Papa Was Not a Rolling Stone par Sylvie Ohayon

Robert Laffont, 19 euro

Prix 2011 de la Closerie des Lilas

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 23:28

 

le-cabiner-2-girls.jpgDimanche, jour de repas de famille pour les uns, de Drucker pour les autres, enfin pas pour moi en ce 20 mars printanier mais frisquet à l’ombre où l’on supporte son slip.

 

Dimanche dernier donc, je me suis lancée dans une aventure - non pas coudre un patchwork, ça c’est déjà fait – un de ces allers et retours vers l’enfer dont une Celloclodoaldienne bon teint comme moi, ne revient pas indemne. Oui, je l’ai osé, je suis allée dans Paris!

Et pas dans le Paris chic et périphérique du Bois de Boulogne où j’ai quelques repères, que nenni, dans le triangle Bastille- Charonne- Ledru-Rollin! Oui, vous m’avez bien lue.  Et si je dis, je, c’est que j’y suis allée toute seule, pas de compagnon, pas de mari, bien sûr, personne pour me tenir la main dans ce dédale de petites rues pittoresques au milieu de cette foule bigarrée comme disait ma grand mère qui avait bien connu Schweitzer à Lamabaréné.

 

Nonobstant ma terreur des transports en commun - quand je vois un ticket de métro, je sors ma croix et mes chapelets de gousses d’ail - je ne suis pas partie sans biscuit : mon sac épi noir porté main, mon vieux break BMW vert, surnommé Végéta, mon Nokia Navigator qui a une voix de mec, une bouteille d’eau, un peu de clim, des cailloux de Petit Poucet et un fil d’Ariane, des lunettes de soleil, des bottes et un grand cache poussière genre Henri Fonda sur une musique de Ennio Moricone. J’ai laissé le fouet et le feutre sur l’Arche perdue qui a été  retrouvée depuis 30 ans par Harrison Ford. Point n’était besoin de ces accessoires de cirque pour me rendre à l’expo “de l’amour, de l’état brut, de la nature humaine”, vous me voyez venir : elle va encore nous parler d’art plastique. Dominique-au-Cabinet.jpgEt vous avez raison, sauf que au lieu d’aller au vernissage, j’ai procrastiné jusqu’à la dernière heure du dernier jour. Si bien que cette exposition est décrochée et que vous ne pourrez pas aller la voir.

 

Je me suis garée sur les livraisons de Chez Paul, rue de Charonne, puis j’ai entamé ma marche “Une expo à Paris, vaut bien qu’on y aille à pied”, remontant le faubourg saint Antoine, traversant Ledru Rollin au péril de ma vie, tournant dans Trousseau, demandant mille fois mon chemin pour enfin arriver en conquérante rouge, transpirant et essouflée, au Cabinet d’amateurs, rue de la Forge Royale sur le trottoir de laquelle se tenaient, prenant le frais et le tabac, deux des artistes exposantes, Cathy Burghi et Dominique Cozette. Céline Guichard avait un petit mot de sa maman, elle n’a pas pu être présente pour ma visite, je parie qu’elle s’en mord les doigts, moi moins, si vous voulez, car j’ai pu caresser ses oeuvres de mon regard myope et admiratif.oeuvres-Catherine.jpg

 

Ces trois sympathiques dames, de fort belles personnes, exposaient leurs peintures, dessins, collages. L’univers coloriel de Dominique est très varié et ses femmes nues toutes en formes. Chaque tableau comporte une petite phrase qui vous remet bien à votre place: “La jouissance des femmes fait peur aux hommes” sur un couple se tournant le dos, l’homme en pleine débandaisaon de sa crémaillère ou encore: “Faut-il arrêter la viande?”, sur une pulpeuse, le ventre écorché comme pour une leçon d’anatomie.

femme au hammam CatherineA côté de ces ogresses de charme, les travaux de Cathy Burghi ou de Céline Guichard sont plus sophistiqués, de l’ouvrage de dame, du rouge et du noir, des taches de couleur et des traits à l’encre de Chine. Très fin, très zen, presque des origami. Le tout, nickel sous verre. Céline n’épargne pas les corps, Cathy les réinvente. Je me trouve même une ressemblance, corpulente et opulente  avec une femme croquée au hammam par Céline.guichard.jpg

 

 Tout ça est bien beau. Inutile de dire que je suis trop fauchée ce jour-là pour m’offrir même un petit tableau à 150 euro, ne parlons pas de ceux à 300, qui restent néanmoins raisonnables. Mais bon, je peux pas, je peux pas, hein, les euro, je les ponds pas.

 

Le Cabinet ferme les portes de l’expo à 17h, j'airepris le chemin à l’envers, Trousseau, Ledru Rollin, Charonne. Les mains vides mais le coeur plein des sourires de Dominque et des gros baisers de Cathy, mes zamies Facebook enfin rencontrées, je m’en suis retournée, le toit ouvrant ouvert, sinon on dirait un toit fermant, comme une lucarne dédié au soleil de l’hiver qui s’en va le lendemain. Cécilia Bartoli à donf me chatouillant les oreilles, j’ai l’oeil rivé sur le putain de compteur qui ne doit pas dépasser le 50. De tous les côtés des cabriolets, capotes descendues et musiques sismiques; poum, poum, poum et 4 gamins à casquette retournée qui s’échangent des clopes ou un joint en secouant la tête en rythme. Comme j’aurais envie, de me vautrer à une terrasse, vider un ballon de Menetou blanc, me regarder passant et prendre des sens interdits qu’on n’a pas le droit de prendre.

 

De retour à la zonmé, pas moyen de partager mon plaisir d'aventurière, si fière de son odyssée. Comment cause à quelqu’un qui parleà son écran HD où s’étripent des rugbymen, et insulte l’arbitre avant d’insulter Delahousse? C’est l’heure de Sport Dimanche.  Mes chiens qui préfèrent l’art non figuratif ne sont pas d’humeur non plus à causer culturel. Bon, il ne me reste plus qu’à écrire ce post à à poster et à aller, ce que je vous suggère également, redécouvrir ces trois artistes sur leur site.

 

http://www.celineguichard.name/

www.dominiquecozette.com

www. cathyburghi.fr

 

 

 Et parce que Cozette, elle peint, elle cause, elle expose, elle écrit aussi, régalez-vous de son blog “Cozette vide sa plume” qui est finement tissé dans du poil à gratter. Y a qu’à s’abonner, faut qu’on s’abonne.

 

www.cozette.org

 

Prochaine expo de Céline : “Des collages immédiats” le 24 mars à 18h, au même Cabinet d’amateur

12, rue de la forge royale

75011 paris

www.lecabinetdamateur.com

 

Prochaine expo de Cathy “Cachée dans la forêt”

 le 29 mars à 18h

Galerie Arcuterie

29, rue saint Cyprien 86000 Poitiers

http://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=187875441251002&id=41102323507

 

 

Copyright : Olivia van Hoegarden

 

 

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 18:37

avatar-sp02112.jpg25 ans que ça la démangeait, la petite Marine : laver l’affront national fait à son père et rejoindre sa mère au Panthéon des blondes dont on parle dans les magazines.

 

Mais si, rappelez-vous, Pierrette Le Pen, à poil dans Playboy, c’était en 1987. Pierrette Lalanne, ex Le Pen, posait en soubrette pour faire la nique à Jean-Marie. L’affaire fit grand bruit à l’époque. Les 3 filles de Le Pen basculèrent chacune dans un camp et la petite dernière, la tendre Marine, prit fait et cause pour papa. Trau-ma-ti-sée, la gamine.

Depuis, elle n’a eu de cesse de faire oublier cette honte et peu à peu devient le double féminin de l’horrible borgne. D’abord en gardant ses deux yeux, puis en devenant avocate et belle parleuse, lissant ses plumes et son ramage, toutes griffes rentrées, Et enfin, la consécration : présidente du FN. Mais ça ne lui suffit pas. Elle fait patte de velours, carbonise la Pierrette, venge papa sans se déshabiller, et se voit reconnue femme d’aujourd’hui par le magazine ELLE. Ce matin, il y en avait plein les ondes radiophoniques et la délicieuse Valérie Toranian, directrice de la rédaction, s’est expliquée sur ce choix éditorial.

Car, c’est un choix éditorial, mesdames et messieurs, ne nous y trompons pas. La rédaction de ELLE, n’est pas constituée d’une volière de bécasses modeuses mais de véritables journalistes avec des vrais morceaux d’info dedans. Et la, elles tiennent un sujet brûlant. Déja, en 2006, elles se la jouaient grand reporter en réalisant un sujet sur Ségolène Royal qui a terminé comme on sait. Acte prophétique?

 

Si je vais acheter ELLE (demain matin chez votre kiosquier préféré)? Certainement pas et pourquoi pas prendre ma carte à l’UMP pendant qu’on y est? Non, ELLE, il y a longtemps que je ne l’achète plus, il n’y a jamais ma taille dans les pages de mode…

 

Copyright : Olivia van Hoegarden

 

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 18:32

Ma chère fille,

 

Je sais, tu me reproches de ne jamais donner de nouvelles…  Que veux-tu, ici les distractions sont nombreuses, les gens adorables et les soucis envolés… Et puis, je suis partie sur un coup de tête, alors j’ai décidé de te faire un petit coucou pour te dire que je ne te perds pas de vue. C'est aujourd'hui la scrogneugneu de fête des grand-mères et comme tu vas en devenir une grâce à notre adorable Alexandre, je voulais t'en souhaiter une heureuse.maman-man-ray2226.jpg

 

Moi, ça va. Je m’entends formidablement bien avec le taulier, ce que c’est tout-de-même d’avoir cru en lui contre vents et marées. J’aime beaucoup son fils aussi qui a un esprit très sain. Tu te moquais de mes visites alors que tout le monde le laissait tomber, mais grâce à ça, j’ai eu un coupe-file pour arriver direct ici.

 

Mais je m’égare, parlons de toi….

 

Tu as beaucoup grossi, ces dernières années mais je vois que tu fais des efforts considérables pour limiter les dégats, un conseil : cesse de faire des incursions dans le placard aux friandises réservées à tes enfants et contente-toi de saumon, de caviar, et de quelques huîtres en saison. Enfin, si tu as encore les moyens, hin hin hin, parce que là, j’ai l’impression qu’il y a du mou dans les portemonnaies.

 

Bon et ton travail? Là aussi tu as donné du lest, franchement, ce n’était plus possible, ces 35 ans la tête dans le guidon. Bien sûr, il te fallait assurer mais as-tu été une mère assez présente?  Entre nous, heureusement que j’étais là pour gérer le quotidien et donner à tes mômes une éducation décente. Ah! Je m’en suis donné avec les conduites au judo, les goûters d’anniversaire, les leçons, pendant que tu te consacrais au grand art de la publicité. Ca a dû te faire tout drôle quand je n’ai plus été là, non?

 

Je garde un oeil bienveillant sur ton mari, toujours aussi souriant et aimable.. Et il a gardé précieusement son parapluie dans le cul, il a bien fait, sans ça, je suis sûre que tu ne l’aimerais pas de la même façon.

 

Maman-a-28-ans107.jpgLa dernière fois que je t’ai parlé, à l’hopital de Nice, tu m’as promis de me ramener à la maison et tu l’as fait. Au passage, je te remercie de m’avoir fait incinérer. Sache que j’ai beaucoup apprécié que tu respectes cette volonté. Je me suis amusée comme une petite folle, lorsque tu m’as fait voyager en 1ère classe sur un vol Air Inter Nice-Paris, bien à l’abri dans ton sac Vuitton. J’ai moins aimé rester planquée dans le coffre de ta voiture en attendant que tu me déposes boulevard Edgard Quinet. Oui, bien sûr, Gainsbourg passait en premier, il a fallu attendre qu’il prenne ses nouveaux quartiers, VIP oblige.  Oh! Je ne regrette rien, avec lui, il y a des fleurs, des têtes de chou et des paquets de Gitanes en veux-tu en voilà et il reste très discret. Il n’avait déjà pas beaucoup de voix, maintenant, il n’en a plus du tout. Tu le sais, moi, en dehors de Bécaud, de Brassens et de Léo Ferré… je ne suis pas très musique de variétés.

 

Un petit bémol, toutefois. Pas une fois, tu n’as versé une larme sur moi, tout le monde maman 1990 lcsc143a pleuré, même ton mari, ta soeur, tes enfants et toi ….rien. Tu étais comme d’habitude, dure, iimpénétrable, bref tu sais,  cette attitude qui nous faisaient tout le temps nous engueuler. Enfin, quand ce jour de juillet ou tu étais seule à la maison, que tu es descendue au garage pour t’enfermer dans ton beau cabriolet Lancia et que tu as hurlé “Maman” pendant un quart d’heure, j’ai bien compris que je te manquais.

 

Bon, je te laisse, il y a un pot pour l’arrivée d’Annie Girardot.

 

Bien à toi, ta petite maman,

 

Marie-José Worth

RIP mars 1991.

 

Copyright : Olivia van Hoegarden

 

En haut : Marie José Worth par Man Ray  circa 1928


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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 17:38

Quand la pub est finie, il y en a encore…

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La preuve, je vais faire un peu de réclame, pour Carrefour et Danone. Bon, je l’ai déjà fait, c’était pas mes pires clients, quoi que mais je ne vais pas m’étendre ni cracher dans le yaourt qui m’a nourrie si longtemps.

 

Et puis, c’est pour aider les Restos du coeur qui est tout de même une des plus belles causes à soutenir, une institution, ça fait 25 ans que ça dure.

 

Les Enfoirés ont beau dire, enfin chanter, que c’était pas prévu pour durer, moi, je dis : mais heureusement que ça existe et qu’un jour un mec heuh… hors norme et d’origine italienne, a eu cette idée. Coluche on l’appelait. En vérité son nom, c’était Michel Collucci.

 

Bon, tout ça vous le savez, ce que vous ne savez peut-être pas, c’est que les deux géants de l’alimentaire et de la distrib’ soutiennent massivement les Restos depuis trois ans. Au passage, ils se font de l’image, mais pour une fois qu’il ne s’agit pas de délocalisation de sites ou de pub Boum Boum, il vaut mieux ne pas passer cette action sous silence.

 

Carrouf' et Danone font appel aux blogueurs, un billet publié, dix repas offerts. Ainsi l’année dernière pour 1 457 blogueurs, 16 675 repas offerts. Du coup, j'y vais de mon petit post moi aussi.

 

Alors, comment on fait? Les 4 et 5 mars, on soutient la collecte de denrées alimentaires et du 16 au 22 mars, on achète 4 produits Danone en promo, à chaque fois un repas offert. Pour cette fois, vous ferez vos courses de miam chez Carrefour, même si vous ne jurez que par Leclerc, et achèterez du Taillefine ou du Velouté et tant pis pour Yoplait, enfin pour cette fois.

 

Voilà, j’espère vous avoir mobilisés et que vous allez vous bousculer les caddies aux dates que j’ai écrites ici au-dessus. Et puis, rien ne vous empêche de faire des dons ou de bénévoler à tout va.

 

C’est pas le moment de pédaler dans le yaourt.

 

 

                                           Olivia van Hoegarden

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 20:21

 olivia-Juke-Box483-copie-2 J’en discutais encore l’autre jour avec l’un des plus grands auteurs de tous les temps, Marcel Gotlib (nous déjeunions à des tables voisines, aux Rizières, un chinois jouxtant sa coquette meulière du Vésinet), c’est vrai, il a donné au monde quelques unes de ses plus belle planches. La Rubrique-à-Brac, les Dingo Dossiers, l’Echo des Savanes (mais oui, c’est lui qui l’a lancé avec Brétecher et Druillet à l’aube des années 70) et surtout l’influent, l’énorme Fluide Glacial, la Bible d’entre les Bibles.  J’en ai toujours un dans les wawa et l’on peut m’entendre me gondoler entre deux prouts, lorsque je me rends à la chaise percée.

 

 Mais je m’égare.  Gotlib a aussi mis de la sauce soja sur ses crevettes sel-poîvre et le pied à l’étrier à beaucoup de ces talents qui tiennent salon à Angoulême (attention zeugma).

Puis, après avoir partagé une demi bouteille de Tavel avec son interlocuteur plus jeune mais qui faisait le rôle du vieux, le Maître s’en est allé alors que j’attendais encore mon 2e café liégois, me laissant les yeux dans les yeux avec pêle-mêle, la coccinelle, Tintin, Spirou et mes souvenirs de rencontres avec des dessinateurs de BD.

 

 Car oui, j’ai croisé quelques uns de ces héros, auteurs de BD. J’ai été stagiaire de Serge de Beketch du temps où il avait de l’humour et où il écrivait dans Pilote et rédigeait des journaux d’entreprise pour les clients de l’Agence Havas Conseil. J’ai réveillé un matin, Lucques,  avec des croissants et du jus d’orange pour lui apporter un scenar à illustrer. Il habitait près de Balard et m’a saoulée avec des compliments sur ma meilleure amie mannequin sans que je puisse jamais lui demander comment il connaissait icelle. Je me suis piqué la ruche au porto avec Franquin, tout un samedi après-midi, tandis qu’il retouchait une illustration représentant Gaston Lagaffe dormant sur une copieuse, trieuse, agrafeuse Rank Xérox. L’accroche était : “Qu’il est doux de ne rien faire quand tout s’agite autour de vous.” Je crois que c’était de Serge Fichard, alors que nous bossions pour l’Agence Young et Rubicam. J’ai croisé François Avril à l’Agence Léo Burnett, pour un projet de film sur All Bran de Kellogg’s, il y a de ça, oooh, 20 ans et des broquilles. Et depuis, (Dupuis?), terminé, nada, niente, nothing, zilche, pas plus de bédéistes que de beurre en branche, jusqu’à ce 11 février dernier où, grâces soient rendues à mes amitiés facebookiennes, j’ai pu  assister au vernissage d’une expo de Charles Berberian. Berberian, le père d’Henriette (avec Dupuy qui a fait mère porteuse), vous savez la petite Henriette et son journal, une gamine de mine de rien qui se pose plein de questions. Ses histoires étaient publiées dans Fluide, d’où l’intro de ce post, un peu longuette, je le reconnais,  qui avait pour but de relier habilement Gotlib et Berberian. Voila qui est fait. Je peux attaquer le sujet.

 

cover-Juke-Box4822Charles Berberian n’est pas né du dernier puits de pétrole puisqu’il vit le jour en Irak et en 1959. Puis il a vécu au Liban,  et s’est retrouvé tout naturellement à l’âge de 18 ans et à l’Ecole des Beaux Arts de Paris (attention, re-zeugma). Ensuite, je zappe un peu, sinon, on va me faire un procès houellebecquien, genre t’as encore tout pompé sur Wikipédia.

Pour Berberian aussi, ce 11 février était important, il exposait ses oeuvres à la galerie Bdartiste et présentait Juke Box son dernier recueil de rêves musicaux.

 

Berberian s’est débrouillé tout seul pour ce joli album qu’il qualifie de “livre stéréophonique conçu pour être lu à un volume très élevé”.  J’ai donc chaussé mes lunettes à bruit et je me suis promenée dans la mémoire musicale de Charles.  C’est plein de belles couleurs, de pizzicatis délirants et de riffs bien  sonores tout au long des 13 partitions où il est rendu un hommage caustique à John, David, Phil et Elton…. Un beau voyage rempli d’humour et de subtilité au prix de 16 euro, seulement. Le buffet, vin rouge et chips, était un peu court pour une soiriste telle que moi (un métier qui se perd et est souvent, à tort, confondu avec l’état de pique assiette professionnel) mais l’on s’abimait dans l’écoute des symphonies berberianes (le collage de minidisques illustrés), les adagii à 450 et 700 euro. Je serais bien partie avec une jolie dame, sopranisée en couleur dans son cadre, mais en ce moment, c’est les fonds qui manquent le plus.

 

Et pendant ce temps là-ah, l’artiste dédicaçait Juke Box avec un dessin personnalisé. Il a écrit “pour Olivia” et m’a représentée (à la gouache je vous prie et pinceau levé), tenant une gratte, Juke Box oblige.  On reconnaît bien mon nez oblique, ma petite bouche barbouillée de gloss framboise, mes grandes lunettes et ma coiffure approximative. Puis, il a signé et inscrit la date. Après il fallait faire sécher. Comme il faisiat doux ce soir-là, on a tous séché sur le trottoir avec ceux qui allumaient des sèches. Voilà, je connais maintenant le destin (dessin?) d’Henriette, un destin enviable, un beau destin à encadrer.

 

                                                                                                Olivia van Hoegarden

 

PS : Au niveau people, on pouvait croiser la piquante Anna Rozen, rappelez-moi de vous parler de cette écrivaine, madame Berberian à la ville, Nina Berbérian, la vraie fille de Charles B, l’immense Pakman venu en Yves Pakula et… François Avril… tiens, tiens. Il ne m’a pas reconnue sinon, je suis sûre qu’il m’aurait dit bonsoir. Et puis, la bande à Fluide… naturellement, mais je ne les connais pas forcément par leur figure, seulement par leurs figures….photo-berberianbd476-copie-2.jpg

 

 

 

 

 

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