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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 00:29

couchées021

 

Il y en a des choses auxquelles il faut réfléchir quand on lit un livre.

Par exemple, à celui ou celle qui l'a écrit, à ceux qui le liront, à ceux qui lui donneront une vie puis à d'autres qui le tueront

 

Vous vous souvenez de Farenheit 451 ? Une sci-fi de Ray Bradbury portée à l'écran par François Truffaut dans les années 67, à l'époque où les filles de mon âge rêvaient de surboum en écoutant sur leur Teppaz, « Lets' spend the night together »  des Stones, et « Je voudrais faire l'amour avec toi » de Polnareff sans savoir que pour le grand voyage de la sexualité il fallait aller un peu plus profond que le baiser avec la langue. Bref, Farenheit 451 raconte le combat d'une poignée d'intellectuels rebelles qui, voyant que le gouvernement va détruire tous les livres existant, donne à chacun de ses sympathisants pour mission d'apprendre un ouvrage par cœur. Cela se termine à peu près bien puisque aujourd'hui, nous pouvons toujours nous adonner à la lecture de la comtesse de Ségur née Rostopchine qui faisait tant et bien fouetter (rapport à ses origines russes) ses domestiques et ses salopiauds de petits-enfants pour l 'édification de la bonne société de l'époque. Rien de plus beau que de sauver par la mémoire, les écrits condamnés, non Adolf, ne fais pas ton parano, je ne fais aucun parallèle avec ton autodafé quoi que, reconnais-le, tu as fait flamber plus d'un auteur qui te dérangeait et tu aurais dit quoi, si moi j'avais voulu faire brûler « Mein Kampf, » tu aurais été très colère, je te connais Adolfinou, tu ne te maîtrises pas. Bon, je peux parler maintenant ? Merci. Imagine toi, mon petit moustachu impuissant que depuis que tu t'es fait sauter le caisson dans un bunker à Berlin, il y a des gens qui ont écrit et t'ont étouffé sous des milliers de pages bonnes ou moins bonnes, mais ils ont eu la liberté de le faire. Grande est l'écriture. C'est de ça que je voulais parler. Grand est aussi le pouvoir de détruire une œuvre, fut-elle futile.

 

Il y a peu, une écrivaine dont j'apprécie le talent, m'a donné à lire un de ses romans. « Couchées ! », c'est le titre qui ne va pas du tout avec la mentalité de la dame qui a connu l'incendie de soutif et se prêterait pleinement de nos jours à un slutwalk. Elle imagine, mais où va-t-elle chercher tout ça , elle imagine qu'une entité politique suppurante, Pierre-Henri Astorg de la Musardière, autrement dit PHAM s'en prend aux libertés des femmes. La retraite à 40 ans, les pipes sous le bureau abandonnées aux MDQ (moins de quarante) et, à ce qu'il reste de femmes d'âge normalement mûr, le ménage, la cuisine, le torchage et un revenu aussi riquiqui que le sexe d'un nourrisson mâle. Oui mais aussi les gouzi gouzi à l'homme triomphant, Il faut suivre. En gros, c'est de la sci-fi aussi, rien à voir avec Van Vogt ou avec Assimov mais l'équation, c'est : « Et tout de même si les femmes n'avaient plus aucun droit, quels droits leur resteraient-t-il ? Celui de sucer, de lécher, de cuisiner et de repasser, je vous la fais courte, d'accommoder le grincheux avec des guépières et des porte-jarretelles, de faire oublier leur cellullite grâce aux sodomites (ça rime) ? ». Pas très Woman's Lib tout ça et pourtant, voilà une représentante d'une génération libérée qui a libéré sa plume dans les années 2000 et raconte une société fictionnelle qui ne jure pas avec les interdits d'aujourd'hui : le voile, l'islamitude, le droit des femmes qui ne progresse pas, comme si elle avait lu dans l'avenir proche.

 

Mais il y a pire. Les lecteurs, l'éditeur, ont laissé quelques exemplaires de « Couchées ! » sur la carreau. Les invendus sont voués au pilon. Au Moyen-Âge, c'était le supplice de la roue, l'éviscération, l'écartèlement, je vous en passe et des meilleures, relisez les Rois Maudits ou Fortune de France, vous aurez le détail. Aujourd'hui, le livre invendu passe au pilon. J'ai regardé ce qu'ils en disaient sur Wikipédia.. Tout ouvrage que peut-être des gens ont dépensé leur sang et leur eau pour les' écrire, des livres de classe par exemple, peuvent aller au pilon. Des Lagarde et Michard,

des Maurice Grévisse qui ont fait vomir ma jeunesse mais qui ont contribué à mon apprentissage. La littérature scolaire n'a pas attendu Steve Jobs pour inventer l'obscolescense programmée. Des milliers de bouquins passent à la destruction pure et simple. Et pourquoi on n'envoie pas ces livres d'écoles chez des gens qui meurent de soif et d'envie de savoir, au Sahel, on ne manque pas que d'eau ? Et gros prétexte : la papier martyrisé est recyclé en...P-Q, sopalin et autres... grand bien nous en fasse heureusement qu'il y a de la merde à torcher chez les gens bien..

Vous me direz, t'as qu'à le faire toi la bécheuse! Ben je le fais, je garde par devers moi « Couchées ! » un roman de Dominique Cozette et au premier mouvement d'humeur je l'apprends par cœur et je lui souhaite RIP, Recycling In Pilon. Et vous avez qu'à faire la même chose

 

 

Copyright : Olivia van Hoegarden

 

 

couchees021.jpg

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 19:21

 

En ce temps de rentrée un peu tardive, et au milieu du boom littéraire de l'année, une publicitaire tente, avec un dico, de démêler les ficelles de son métier et de nous en faire partager les charmes.

 

 

LdeP-Couv.PNGLa publicité ? Beurk ! C'est vrai, ces Tampax à l'heure du dîner, ces lave-vaisselle entartrés, ces ménagères encuisinées qui font reluire leurs cristaux, qui nous éblouissent avec leur linge plus blanc que blanc, ces taches désincrustées, ces crasses absorbées, ce hérisson qui fait l'amour avec une grattounette, ces orgasmes obtenus en suçant une cuillérée de yaourt, ces femmes nues qui rugissent de plaisir en débouchant un flacon de parfum et tout ça pendant que les enfants regardent ? C'est moche la pub, elle nous prend pour des cons, elle nous saucissonne Les Experts Miami, elle nous manipule, elle occupe notre temps de cerveau laissé disponible par la télé-réalité. La pub, il faut la tuer ! D'ailleurs même les publicitaires vomissent d'un côté ce qui leur remplit le portefeuille de l'autre. Pauvre publicité, elle est incomprise, personne ne l'aime. Personne ?  On voit que vous ne connaissez pas Babette Auvray-Pagnozzi ! Elle livre un plaidoyer pro-domo (elle est latine) sous forme d'un dico-kit de survie conçu pour l'édification des imprudents qui voudraient s'aventurer dans ce monde du rien, armés de leurs simples paillettes et de leurs seules illusions.

 

JeanPaul Goude, de Grace Jones au 14 juillet

 

Avec Langue de pub Babette passe aux aveux. Oui, elle aime la pub, elle ne vit que pour les idées, les mots. Pour elle, il n'y a pas de petites causes publicitaires, il n'y a que des stratégies intelligentes pour attirer subtilement le consommateur. Et cette passion, elle veut la faire sentir aux petits jeune et aux vieux cons. Son arme absolue ? L'humour et la causticité. Pas un titre, pas une introduction, pas une définition qui ne soit rédigée dans un style rigolisant propre à faire gondoler les plus récalcitrants des commandos anti-pub. ''Goude (Jean Paul), ludion excentrique. Avec un même bonheur, il fait roter Grace Jones, sa muse, pour Citroën, met Vanessa Paradis en cage pour Chanel (…) et fait hurler 'Egoîste'sur fond de Prokoviev à une dizaine de (…) potiches. Photographe, illustrateur et coqueluche des créatifs des années 1980-1990 qui se l'arrachent, il apprécie les croupes bien cambrées aux fesses rebondies et n'hésite pas à découper ses modèles en rondelles pour leur donner l'aspect de femmes girafes. Il invente les 'Kodakettes', trois petits personnages en maillot rayé qui volent la couleur partout où ils passent. Il revient en force avec les campagnes des Galeries Lafayette où l'on retrouve, entre autres, Laetitia Casta transexualisée pour Brummell et Frédéric Beigbeder torse nu (pas sa meilleure pub). Il restera dans les mémoires pour le défilé du Bicentenaire. Statufié de son vivant, il voit son œuvre réunie en rétrospective au musée des Arts décoratifs, en 2011.''

 

La planète sauvage

 

Sur les traces de notre guide, nous avançons sur un territoire digne de la plus sauvage des jungles. Ici, il vaut mieux garder le dos au cocotier tout en évitant de se faire assommer par les noix. Les autochtones ont tous le couteau entre les dents et n'hésitent pas à le planter par derrière dès que l'occasion s'en présente. On se vole les budgets (ça s'appelle une ''compet ''), on s'étripe (ça s'appelle un ''plansboard''), on se fait mousser (ça s'appelle une ''présentation agence'') et, néanmoins, on se léchouille et on se congratule (ça s'appelle une remise de prix). Mais aussi on se prosterne devant les dieux (les annonceurs, les clients, l'argent), il existe même une race spécialement dressée (les commerciaux) pour cet exercice périlleux qui consiste à baisser son froc devant un Dircom (accepter des petits changements dans la création) sans pour autant se faire empapaouter (réduire sa marge). Toutefois, il arrive que les commerciaux reviennent avec leurs maquettes (projet de campagne) autour du cou, et alors là, il leur faut faire face à une autre espèce bien plus redoutable : les créatifs. Les créatifs se subdivisent en deux branches, le rédacteur (un auteur en devenir) et le directeur artistique (un peintre frustré). Souvent ennemis héréditaires, ils sont capables de faire front quand un commercial ne ''vend'' pas et alors là, ayayayayaye, c'est le carnage, il faut se planquer au risque de prendre une balle perdue.

 

L'hybride des agences

 

On apprend aussi au gré de cette lecture que dans une agence de pub, sévit un hybride : le planeur stratégique, sorte de psychosociologue qui se veut créatif. Il taille à la machette les aspirations des consommateurs, mouline les morceaux et les organise en idée (Unique Selling Proposition), puis les restitue sous forme de brief pour les créatifs qui s'empressent de le lui jeter à la gueule. Sachez-le, la pub c'est pas pour de rire et il faut une âme de maso pour supporter toutes les vexations qu'on doit subir tous les jours. Toutefois, Babette Auvray-Pagnozzi couve la pub comme une mère un enfant turbulent mais surdoué. Elle lui porte un regard d'amour dans lequel on perçoit un certain recul. Ce qui fait de son ouvrage, un véritable outil de travail traité avec un sérieux qui ne se prend pas au sérieux : un équilibre pas toujours évident quand on veut partager une passion dont on se fait à la fois le chantre et le juge...

 

Un vrai métier

 

Au finish, Langue de pub démontre qu'on se trouve là devant un vrai métier avec ses écoles, ses règles, ses frontières, ses paniers de crabe, son festival, ses hochets, ses académies et ses immortels comme Philippe Michel ou Marcel Bleustein-Blanchet. Et depuis que Babette Auvray-Pagnozzi lui a mis la langue, la publicité a aussi son dictionnaire.

 

 

L'auteure.

 

Babette-2.PNGBabette Auvray-Pagnozzi est de la race des rédacteurs et des écrivains . On lui doit le pétillant Pubelle, un roman qui met sens dessus dessous les clichés de la pub. Elle est aussi la créatrice du Jour sans Pub, un projet qui voulait donner la parole à la vraie création. Infatigable observatrice de son métier, elle est considérée comme l'un des dix blogueurs les plus influents dans le domaine du marketing et de la communication (www.lejoursanspub.fr). Italienne de naissance, française par amour, elle vit à Paris et dispense son expérience en tant que directrice de création et des stratégies pour différentes agences.

 

Copyright Olivia van Hoegarden

Crédit photo : Pino Pagnozzi

 

Langue de pub

Editions Eyrolles, 266 pages

29 € sur Amazon.com

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 19:20

 

 

arnold ferret019Mon fistounet chéri,

 

Comme tu es un garçon organisé, (il n'y a qu'à voir ta chambre) tu es né un lundi, premier jour de la semaine, le premier jour d'octobre, il y a donc pile poil 28 ans aujourd'hui. Nous t'avons appelé Arnold comme ton arrière-grand-père, nous trouvions cela très joli, nous n'avons pas imaginé que tes petits copains d'école penseraient que c'était en l'honneur de Swharzenegger ou d'Arnold et Willy. Bon, on s'excuse papa et moi mais comme tu es majeur, tu peux décider de changer de nom quand tu le veux, tu es un homme libre. Mais je t'en prie, ni Raymond ni Robert.

arnold-BB020.jpg

 

Tu es né un jour de rendu de free-lance : j'avais bossé tout le week-end pour l'agence de pub de Jeanne Gatineau. Tu n'étais pas prévu dans ce rétroplanning. Toi, je devais te rendre le 10 octobre mais il y a des clients qui arrivent toujours à te mettre la pression. C'est donc en pleine présentation que j'ai perdu les eaux (et non pas les os comme l'a finement fait remarquer un des participants à la réunion). J'étais venue faire un tour dans ma Renault 4 (demande lui beaucoup), je suis repartie avec vers Chatenay-Malabry. Je portais un pull rouge, des socquettes rouges et la jupe d'une copine, et évidemment, je n'avais pas la fameuse valise qu'on conseille à toutes les futures mamans et contenant ta layette et mes chemises de nuit. Nous en étions à la Butte-Rouge quand ça a commencé à se contracter sérieusement là-dedans, genre 1 minute toutes les minutes. Pas grave, je me disais, ils vont me faire la péridurale. Las, quand je suis arrivée à la clinique des Vallées, réputée pour des naissances sans violences recommandées par le bon Dr Leboyer, petit 1, je me suis fait engueuler par la sage-femme qui m'a dit que je n'aurais pas dû arriver en conduisant moi-même, petit 2, que tu allais naître incessamment sous peu (oui on utilisait encore cette expression en 1984) et que donc, je pouvais faire tintin pour la péridurale.


cachan4 Arnold (2)On y est allés en poussant un peu, dès qu'il a vu ta tête l'accoucheur à dit : « C'est un garçon », ce qui m'en faisait trois au compteur. On nous a collés dans une chambre, moi avec mon pull rouge, toi avec ton petit bonnet. Et c'est là que je me suis souvenue qu'il fallait que je prévienne papa. Lui aussi a lâché sa présentation chez Roux-Séguélé-Cayzac et Goudard et il est accouru avec tout ce qu'il nous fallait : un MacDo et une bouteille de rouge et la valise qui évidemment débordait de tout ce dont nous n'avions pas besoin.

Voilà, ça c'était ton premier jour qui fut, crois-le bien, un jour de grand bonheur.

 

 

 

 

 

 

Après, il a fallu que tu grandisses jusqu'à 1m86 et que tes cheveux poussent comme ceux de la princesse Raiponce. On est passés, très vite, de « Ainsi font, font, font » au rock progressif métal doom, des « pestacles » de fin d'année scolaire sur musique de Pow Wow, au Divan du monde où tu terrorises un pauvre micro qui ne t'a rien fait en poussant des grunt et des growl à faire pâlir d'envie les Smashing Pumpkins, Kiss et ACDC. Fini les ensemble Baby Dior, les bermudas écossais, la coupe anglaise (Playmobil, si tu préfères), les Start Rites et la gourmette de baptême, bonjour les T-Shirts macabres, les jeans noirs, le bouc, les Doc Martens et les bracelets de force. J'aurais dû me douter de ton destin gothique le jour où tu m'as demandé de t'offrir le cimetière Légo...


arnold-cadre--2--copie-1.pngMais tout cela, c'est toi, les armes avec lesquelles tu te bats contre une vie qui ne t'a pas fait de cadeaux, pour oublier les séjours à l'hôpital, les piqures perpétuelles, cette erreur de programmation qui t'a fabriqué avec un Xh, venu de moi, qui fait de toi un garçon comme à peine 4000 autres en France.Une rareté dont tu te serais parfaitement passé. Alors, bravo Arnold, j'admire ton courage, ta classe, tes traits d'esprit, ta culture, ta tolérance et ton talent.Tu es un homme bien.

 

 

Bon, je m'arrête là, car il y l'anniversaire d'Alix le 12 novembre, celui de Maxime le 19 suivant et celui d'Alexandre le 4 décembre. Et puis, ça sera Noël... Ah ! Les enfants, c'est du boulot !

 

Ta vieille Reum qui t'aime, comme tu le sais.

 

 

 

 

    PS : Et surtout, n'écoute pas les gens qui disent que l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. arnold-et-Foxie--2-.jpg

 


Copyright :  Olivia van Hoegarden 

Crédit photo N&B : Nidal Marzouk

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 18:12

 

Century-of-fashion2007.jpgCes derniers mois, j'ai lu, beaucoup lu. L'écrivain de la famille, La liste de mes envies de Grégoire Delacourt ; deux romans de Lionel Duroy (Le chagrin) qui racontent la même histoire, une longue, une courte, avec des personnages qui cachent leur misère derrière des noms à rallonges qui changent et ne sont que l'autobiographie de l'auteur, un ancien journaliste de Libé qui a un nom ...à rallonges. Les piliers de la Terre de Ken Follett et sa resucée distrayante Un monde sans fin et aussi La chute des géants, Le vol du frelon, Peur blanche, L'homme de Saint-Petersbourg et Le pays de la liberté. Puis, tous les Delphine de Vigan car Rien ne s'oppose à la nuit ni à la lecture de ses tourments, elle n'en épargne d'ailleurs aucun à son lecteur, en bonne ex-anorexique, elle vomit avec talent ses plus noirs cauchemars. Les nouvelles ça me plaît bien aussi, je bouffe du Carver, du Fante père et fils à tout va, et bu jusqu'à la dernière goutte de Bukowski dont on a sorti un inédit cette année. J'ai éclusé des polars : Harlan Coben, les pires sont ceux où il raconte les aventures ridicules de son héros récurrent, Myron Bolitar. Mais il en écrit d'autres qui sont mieux, comme Ne le dis à personne dont Guillaume Canet n'a eu aucun mérite de tirer un succès à l'écran parce qu'on ne peut pas rater une histoire comme ça. Et que dire de Philippe Kerr, un Anglais qui raconte la vie d'un privé nazi mais pas nazi en même temps, Bernie Gunther, Kerr, c'est la Trilogie berlinoise, également sur la liste des mes lectures 2012.

carver010.jpgC'est comme les Douglas Kennedy empilés sur ma table de chevet, L'homme qui voulait vivre sa vie, A la poursuite du bonheur, La femme du Ve, Les charmes discrets de la vie conjugale, Une relation dangereuse, Ces instants-là, Cul de sac (Piège nuptial), Rien ne va plus, Les désarrois de Ned Allen... Quant à l'inventeuse du Commandant Dalgliesh, PH.D. James, elle a fait cette année une incursion dans le monde de Jane Austen, transformant les héros de Pride and Prejudice, à la manière de Jane Austen, en protagonistes d'une enquête policière dans La mort s'invite à Pemberley, une vraie purge, elle vieillit la vénérable reine du polar, elle qui n'était déjà plus toute jeune.

charmes-discrets008.jpgEt je n'oublie pas tous ces auteurs scandinaves, Camilla Lackberg qui n'en finit pas de désosser les mystères de sa petite ville de Suède dont l'héroïne écrit des polars et dont le mari est flic, ça porte des titres comme Le tailleur de pierre, L'enfant nazi ou La sirène et encore Arnaldur Indridason, vous connaissez bien sûr le commissaire Erlendur et son adjoint Sigurdur Oli ? Ils m'ont fait franchir La muraille de lave, il y a quelques nuits de ça, qu'est-ce qu'ils ont comme squelettes dans leurs placards les Islandais ! Ah ! Back to the USA, il y aussi Denis Lehane qui est capable de sortir Mystic River et Shutter Island mais qui a néanmoins mis son écrivain automatique en mode actif pour me barber avec son couple de privés Kenzie et Gennaro qui font des tirades de bons mots vaseux, genre ''On traque des assassins mais qu'est-ce qu'on rigole''.

zweig009.jpgVous croyez que je vais vous laisser vous en tirer sans évoquer mon idole, Stefan Zweig : Vingt-Quatre Heures de la vie d'une femme, La confusion des sentiments, Amok, relus jusqu'à l'usure ? Que nenni, l'homme a tant produit mais comment faisait-il pour trouver l'inspiration  ?

Je cherche encore, était-ce son mal de vivre - il s'est suicidé en 1949 avec sa femme, au Brésil loin de son Autriche natale. C'est cela, il faut beaucoup souffrir pour écrire, être impudique, ne pas avoir peur de se mettre sa famille à dos, avoir une grande confiance en soi, ne pas être bipolaire donc procrastineur, avoir une grande imagination, être très cultivé, avoir suivi un cours d'écriture dans une université américaine comme cette conne prolixe de Catherine Pancol dont j'ai croisé cette année, les yeux jaunes de Central Park, mais à quoi ça peut bien servir de lire Catherine Pancol ? Apprendre à tirer à la ligne comme Paul Auster ou Elisabeth George, au fait quand revient-il mon aristoflic préféré, Sir Linley, suivi de sa plouc de Barbara Havers ? Il faut dire que pour écrire un truc comme This Body of Death, il faut se lever tôt – oui, c'est ça, il faut se lever tôt, plus tôt que les chiens, telle Sylvie Ohayon qui dit ''Je crie des livres '' et dont j'attends Les bourgeoisesavec impatience. J'ai plein de copains qui écrivent : Philippe Laffite (Les vies d'Andy, Anna Rozen (Je vous prête mes lunettes, La bombe et moi), Georges Kolebka (92 comprimés, Marc Desmazières(Je vous salue maris, En attendant que ma mère meure, Georges Flipo (La commissaire n'a pas l'esprit club), Benoît Scmider (Open bar), Frank Vinchon (Tranches de mort) ou même Drosora (Se lier n'est pas s'unir), ma copine qui fait des bébés et de l'humanitaire, allez hop ! elle me pond un roman inspiré d'une douloureuse liaison amoureuse ! Même mon arrière grand-père écrivait : ses mémoires, ses traités de Haute-Couture.

Century-of-fashion005.jpgBon, je ne suis pas assez malheureuse, pas assez torturée comme m'a dit un directeur de création en voyant mon dossier publicitaire et puis ai-je jamais assez aimé, assez voyagé, assez fait d'enfants, assez bu, assez pleuré, assez fumé, assez sniffé, assez ri ? Je ne suis pas assez fille de diplomate belge (je jure que je n'ai lu qu'un seul Amélie Nothomb et aucun Le Clézio d'ailleurs) et je suis née de parents trop pauvres dans une famille blindée...Et jusqu'à Julien Clerc qui me démolit les tripes avec sa chanson N'écris pas, non je n'écris pas, j'ose pas, mais j'ai beaucoup lu oui beaucoup lu quand même, enfin, maintenant que je suis grand-mère et que j'ai 60 ans, je vais pouvoir me prendre pour la comtesse de Ségur née Rostopchine qui a écrit un nombre incalculable d'histoires pour ses petits-enfants. Oh, et puis à quoi bon, je vais lui refiler tous mes T.Trilby et mes Club des Cinq à la Louna et moi je retourne à la vaisselle et puis aux Rapines du duc de Guise. Oui, je lis n'importe quoi sinon je meurs.

mamoune.jpg


 

Copyright. Olivia van Hoegarden

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 19:47

 

Capture.PNGSi la vie de couple « c'est enfin découvrir la personne qu'on va adorer enquiquiner pour la reste de sa vie », Marie (la volcanique Mélissa Drigeard)et Simon (Morgan Perez) en font l'amère expérience. Passé l'amour fou et la passion, la découverte de l'autre empoisonne insidieusement les relations homme-femme. Forcément, comment retrouver l'amour absolu, quand il faut faire face à la vie quotidienne, gérer les travers de cet être dont jadis on embrassait les pas? , « Tu as oublié que c'était l'anniversaire des deux ans et demi de notre rencontre..  », « Si tu crois que je ne t'ai pas vu mater le cul de la serveuse ? » « Mais si je fais des efforts, pas plus tard que ce matin, j'ai rebouché le tube de dentifrice... ! », « Avant on faisait l'amour... ». Aïe dans la vie amoureuse, il y a des cactus.

Pourtant Marie et Simon se débattent furieusement pour en arracher les épines quitte à se faire encore plus mal.

 

Marie et Simon font le choix de la thérapie de couple, coaché par un psy (Pierre Azéma). Un Deus Ex Machina qui va multiplier les tours de passe-passe pour remettre les amants sur la bonne voie: les rendez-vous d'activité sexuelle à heure fixe, le temps de parole, chacun son tour, chrono en main pour ne pas interrompre l'autre et même le groupe du week-end où ils se retrouvent parmi d'autres couples, perdus eux aussi dans les méandres du conjugo. Au programme, bio-énergie, rebirth, gestalt, rêve éveillé, cri primal...

Melissa.PNG

Or, si Marie adhère avec enthousiasme et détermination à toutes ces méthodes post-soixantehuitardes, Simon semble plutôt mou du genou. Normal, l'égo de l'homme, son cerveau reptilien, le freine dans l'expression du moi. Simon veut abandonner la thérapie, un nouveau sujet de discorde dans ce couple terrible.

 

Le suspense est à son comble. Chaque mot frappe le spectateur au cœur et le renvoie à ses propres errances. Des dialogues savoureux et percutants, ciselés par Mélissa et son co-auteur, Vincent Juillet qui avaient déjà sévi sur Les 4 Deneuve. Alors, quitte-moi ou ne me quitte pas ? Réponse sur la scène du théâtre Michel.


trio-comediens.PNG

Foncez voir cette comédie qui fait la part belle aux rires et aux grincements de dents. En bonus, une scène hilarante qui permet, selon les goûts de chacun, d'apprécier la plastique irréprochable de Mélissa Drigeard et la silhouette impeccable et moulée de noir de Pierre Azéma. C'est simple, on n'avait pas vu de personnages aussi nus, cérébralement nus, physiquement nus, depuis la comédie musicale Hair.

 

olivia's faceCopyright : Olivia van Hoegarden

 

Même si tu m'aimes de Mélissa Drigeard et Vincent Juillet

Mise en scène de Julien Boisselier

Théâtre Michel

38, rue des Mathurins

Séance à 19h

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 00:50

Gaultier

Equipée de pied en cape pour déjeuner au soleil, marinière Gauthier, jean blanc, lunettes genre Jackie O' sur le pif, chaussée de mes vieilles New Balance jamais mises, retrouvées il y a 3 jours au fond d'un placard dans leur boîte d'origine (circa 2000), je m'apprêtais à un traditionnel papoti papota avec ma meilleure amie. Et puis, un de ces casse-bonbons d'homme s'est joint à nous. Force me fût de le convier à notre table.

 

 

 

 

 

 

 

Sans autre forme de politesse, il a accepté mon invitation, ce qui ne l'a pas obligé à un grand effort. En effet, c'est le héros de mon quotidien, l'ineffable protecteur de ma nichée, celui qui détient la Sainte Ampoule de phéromones mâles dominantes, c'est mon mari à moi que je n'échangerais pas pour deux barils de George Clooney. Et le laisser mater le JT de l'immense Elise Lucet, son Daunat sur les genoux et le chien à ses pieds, ça aurait fait bizarre, quand même, alors que nous déjeunions sur notre propre terrasse à La Celle Saint Cloud.

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A peine les effusions terminées avec ma copine, il a pris un ticket à la borne « Je monopolise la conversation » et il a eu le numéro gagnant, renvoyant le petit personnel à la cuisine et au job de passe-plat (Bibi). Il avait préparé son petit menu perso et a très habilement opté pour une entrée financière au goût relevé de scandale : "le bonus de 16 millions d'euro attribués, pour services rendus, à Maurice Lévy par sa chef, Elisabeth Badinter."Jackie O'

Puis, tout naturellement, il nous a servi un mets de choix : "la campagne présidentielle", un méli-mélo de Mélenchon et de Le Pen avec sa spouma de Sarkozy fouetté, Quand il nous a passé le fromage, Hollande a dû sentir ses oreilles siffler comme un train dans la nuit et puis pour le dessert, au choix une vieille recette qui a fait ses preuves : "Le Sénat, tous des planqués", ou une salade de f"onctionnaires européens payés avec notre argent pour discuter du calibrage des fraises des bois". Café très ristretto : "avec les impôts fonciers qu'on paye, manquerait plus que les rues ne soient pas regoudronnées régulièrement". Digeo et mignardises : Fabius "l'empoisonneur d'hémophile"s, Rebsamen "avec sa gueule de chauffeur de taxi" et "le frère de Mohamed Mehar a du souci à se faire". Là-dessus, on s'est tapé l'odeur de son cigarillo et il est parti promener le chien dans le bois de Saint Cucufa.

Je ne sais pas si c'est le soleil, le coca, ou la conférence Sciences Po façon Top Chef, mais j'avais une céphalée à se taper la tête contre la table en teck, je me suis donc dirigée vers ma trousse d'urgence où, j'ai tout récemment glissé un nouveau médicament qui vient juste de recevoir l'AMM. Excessive en tout, généreuse avec moi-même je me suis enfilé les 92 Comprimés du bon Dr Kolebka. D'un coup.photo-kolebka.PNG

Vous ne connaissez pas Geoges Kolebka ? Moi non plus, mais je sais qui c'est. Un de ces dieux créatifs qui, en son temps, a su donner à la publicité des lettres de noblesse qu'elle ne méritait pas forcément. Il est aussi un véritable auteur, a obtenu le Grand Prix de l'humour noir pour Dépression sur toute la France (Seghers 1991) et publié des œuvres aux titres aussi fou-furieux que Le dicouac (Hachette 1999), L'Egyptienne grasse allongée (Le Castor Astral, 2001) ou encore Tous paranos ! (2008). Kolebka écrivait et je ne le savais pas, mais comment ai-je pu passer à côté de ce libertador des zygomatiques ? Tout ce talent, ces dingueries littéraires, d'écrits loufoques, ce génie du grand écart (il croise sur un quai de gare, Frédéric Beigbeider habillé en porteur avec une barbe de père Noël, oui!). Ca dépasse largement La première gorgée de bière, dont il emprunte le format de mini nouvelles, à peine une page pour la plupart. Kolebka est un entomologiste, il observe les mouches, les coccinelles, les fourmis, les cafards, les souris, auxquels il attribue des immatriculations, normal, allez distinguer une fourmi d'une autre, s'il elle ne porte pas de dossard numéroté ? Cela tombe sous le sens, voyons. Kolebka, parfois exagère, comment peut il imaginer que nous allons une minute croire qu'un couple de bridgeurs peut élever un jeune rhinocéros domestique  ou qu'un éléphant peut s'effondrer sous le poids d'un papillon?

kolebka2018

Il a ses mots fétiches, ainsi « flatulences » retrouve son sens tant galvaudé dans notre langue de cybernautes. Tenez, je ne résiste pas à retranscrire ici, l'un de ces 92 petits chefs-d'oeuvre, celui qui m'a fait le clin d'oeil avec le cil qui frise en dessous d'un sourcil circonflexe, qui m'a zieuté : 'Toi j' t aurai », le texte qui m'a fait pâmer et dégainer ma carte en plastique pour payer Amazon instantanément et devenir, céans, la lectrice esclavagée qui ne trouve son repos que dans les livres. Mais lisez plutôt...kolebka017

 

Quarante siècles vous contemplent

 

« Une petite tablette en argile comportant un texte en caractères cunéiformes datant du début du deuxième millénaire avant Jésus-Christ est disposée sur la cheminée d'un appartement parisien cossu. Elle est au milieu de flacons romains irisés, de statuettes grecques et égyptiennes, de divers objets archéologiques.

Il y a quarante siècles, quelque part en Mésopotamie Ur saisit une petite tablette d'argile et un poinçon. Il écrit à Sar

le texte suivant sur la tablette :

'Sar, tu me fais chier avec tes combines à la con ! Tu me refiles, parmi le troupeau de brebis que je t'ai achetées, huit d'entre elles qui tiennent à peine debout, donc malades !

Ca fait deux fois que tu me fais le coup. T'es vraiment un enfoiré de première. »

Voilà tout est dit. Tout est écrit de la même plume effervescente.

Ce qui est bien normal pour des comprimés.

 

92 comprimés de Georges Kolebka

Editions Arbre vengeur

12 euro

 

 

Copyright : Olivia van HoegardenNew-Balance.PNG

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 19:20

rue-de-l-amour.jpg

 

En ce dimanche, si proche du printemps, j'ai soulevé la couette, tâté la température extérieure et reçu un coup de fil de ma meilleure amie. Sylvie Lamour.

- T'es chez toi ? 

En général, je réponds non, je suis dans un bordel à Amsterdam.

- Tu fais quoi ?

- J'ai de la lecture qui ne peut pas attendre, un DVD sur le gaz, et puis, il y a Facebook, si je n'y vais pas au moins cent fois par jour, j'ai de l'exczéma et je ne te parle même pas de Mathieu Madénian qui passe dans Vivement Dimanche Prochain vers 19h, de la recette de Jean- Pierre Coffe et puis à 20h30 il y a le kiff du dimanche soir, l'Inspecteur Barnaby que mon époux et moi regardons barnaby dessus, barnaby dessous et si je ne lui fait pas sa tranche de jambon et sa feuille de salade, son yaourt, (oui, il est mince, lui) je suis bonne pour une scène.

- Tu veux faire quelque chose ?

Elle insiste là, à mon avis, son jules est aussi devant le rugby dont je vous rappelle le score ridicule 24 à 22 (ou 20) contre mes amis français.

- Si je veux faire quelque chose, moi ? (relou à mort)

- Chais pas, une balade ?

pommier--2-.jpg(J'ai des arbres dans mon jardin, je vis à la lisière du bois de St Cucufa et je suis rebelle aux promenades en forêt, j'ai donné 18 ans de ma vie à parcourir, à pied, à cheval, à bicyclette, en 4 L et en Piaggio, la forêt de Soignes de mon enfance, la plus grande forêt de hêtres d'Europe, voulue par Léopold II, un de mes rois belges.) Moi ce que je veux c'est lècher le bitume, admirer les maisons que je ne pourrai jamais m'acheter ou rêver devant les vitrines de la Place des Victoires (où, bien sûr, il n'y a jamais ma taille). Mais shopping à Paris, un dimanche, ça va pas être possible.

Rouault-chevet.jpg

Mais pour une fois, j'ai dit oui, renonçant à regarder mon époux - qui vient de se taper sa 60e journée de la femme - abîmé dans ses mots croisés puis dans France/Angleterre de rugby - et ne sortira de son mutique univers qu'à 20h15 pour dire : « Venez les chiens, 'titour pissou fermer 'tail ». On ferme les volets et on est dans les temps, largement, pour retaper le plumard, se déshabiller, se pieuter et mater les « Midsummer Crimes » du divin limier anglais.

Oui mais non, je suis une femme libre, je peux dire zut au feu dans la cheminée qui me tend ses flammes, aux chiens couchés à mes pieds, zut au roman que je lis, zut au symbole de l'illusoire tranquillité dominicale généralement couronnée par le fameux chocolat chaud que je ne me prépare jamais. Non mais vous avez vu ma cellulite ?

rouuault burault

Et puis déclic : sur mon bureau ma tirelire, dans ma mémoire vive, l'expo de la Shag, The famous Seriously Hazardous Art Gallery. Pierre-Arnaud et Guillaume qui s'ennuient à la Blanchisserie, qui fument et regardent le match sur leur ordi. Et m'ont réservé une vraie peinture sur une toile signée Rouault.

Oui, sans aller à Paris, on peut aller à Boulogne, ça touche, pas vrai ?

Blanchisserie.PNG

- Et si on allait voir l'expo de la Shag ?

- Génial, passe me prendre à Nanterre! (C'est le pôle Nord pour moi)

Et nous voilà parties dans la 205 de ma cop's, on se gare devant Dalloyau, rue JB Clément, en écrasant une Smart.


Pierre-Arnaud, quelle belle gueule, fume derrière la verrière et Guillaume, qu'il est beau et bronzé, boit une Heineken fraîchement tirée (sa vie privée ne me regarde pas, hein, enfin presque pas).

    DSC7261

 

On fait connaissance, piapiablablabizbiz, Sylvie, Pierre-Arnaud Gillet, Pierre-Arnaud, Sylvie Lamour. « Je connais votre papa » s'exclame Sylvie, et vlan! aussitôt il lui donne son 06 et lui fait les honneurs de l'expo dont le thème est le Corps. Il y a du Sandrine Boulet, du Paupers et tout ce monde-là, il ne manque que Cindy Sherman à mon avis, mais elle a peut être eu un empêchement.

 

Je glisse aux maîtres des lieux, mon enveloppe bourrée à craquer de monnaie papier en échange de quoi je vais recevoir mon Rouault. Mais qui c'est ce Rouault ? me demanderez vous parce que cette intro commence à être sacrément longue. Bah, je n'en sais pas plus que vous. Il a peint un truc sur le canal de l'Ourcq, et moi les canaux ça me parle vachement, comme Belge, surtout que je suis toujours en deuil de celui « qui s'est pendu » au Plat pays « parce que le ciel était trop bas ». D'ailleurs, j'ai plein de canaux chez moi, sauf Canal+.

Rouault-canl-gauche.jpgRouault-et-le-canal-flamand-droit--2-.jpg

On peut presque parler de collection, ce dont je ne me suis aperçue que ce matin en cherchant diverses places pour le p'tit Rouault. Car oui, il est petit, j'ai choisi un 11 pouces comme ma calculette.

Partout où j'installais le Rouault, bing un canal ! Il a la taille d'une tablette digitale (Ipad), je suis donc la première femme moderne qui peut glisser un Rouault dans son réticule Vuitton.roualt-calculette.jpg

Il est féminin ce Rouault, il ne prend pas de place, sait se faire discret, une sorte de trousse ornée d'un canal : on peut se refaire une beauté avec, (enfin si je pouvais), se poudrer le nez, rectifier l'ourlé de la bouche rose Gemey, se khôler l'oeil, se l'oréaler les cils, se bourjoiser les pommettes, et puis, on peut se mirer dans l'eau de l'Ourcq.Ou d'ailleurs...

Pierre-Arnaud me l'a emballé sous bulles. Je le prends, je l'admire éperdue de joie. Gentiment Pierre-Arnaud le retourne pour que je puisse le voir aussi à l'endroit, je saute comme une gamine. Guillaume, gcanal-Touvet.jpgamin, (ok je sors) me glisse dans la main mon Ruinart habituel. Et voilà une journée réussie. Je fais le tour de l'expo, Guillaume me fait admirer des sculptures magnifiques de pieds cambrés de métal doré, un cœur de métal doré, et plein d'autres bidules en métal doré. J'admire des dessins entièrement réalisés au bic noir, sur l'un d'eux, on dirait moi et mon corps sous la douche. Je me répands en exclamations extatiques devant celui qui a une gueule de Tom et tient dans ses bras celui qui a une gueule de Jerry. Guillaume y appose une gommette rouge, ça veut dire, réservé pour Olivia qui le laisse à admirer à la Blanchisserie et passera le payer plus tard. Je viens, en une seule coupe, de m'offrir une œuvre d'art que je léguerai à ma petite fille Louna. Je surveille le Ruinart de l'oeil, la bouteille est presque vide, il faut que je parte sinon, je vais la rincer aussi sec.

Je glisse mon Rouault dans mon sac noir porté main, j'arrache ma Sylvie à sa contemplation du dossier d'Akinao que j'ai fais ressortir pour lui montrer que ça me fait penser aux œuvres de son Gégé. Elle me réplique qu'elle comprend parfaitement pourquoi j'ai pensé ça mais précise que ça n'a rien à voir. So much pour mon coup d'oeil infaillible.

 

On retourne à la 205, une nouvelle Smart est venue s'écrabouiller dessous. Je suggère un thé chez Dalloyau. On nous accueille, enfin on nous aboie qu'ils n'ont plus qu'une table et une seule chaise. On attend un peu, on se dit : ils vont apporter une 2e chaise, au bout de 5 minutes, il apparaît qu'ils n'ont pas ça en magasin. On se casse pour aller en face, le Habana Café. Ah, désolés, le dimanche, ils ne font que tabac. On reprend la route et on va se crasher aux Fontaines, porte de Saint-Cloud, une table, ici, il y en a plein la terrasse, qui est déjà blindée. Sylvie qui fait du 36 fillette, demande un thé avec une goutte de lait, moi un thé avec un moëlleux au chocolat crème anglaise. Sylvie tape dans l'oeil du loufiat qui nous en serre une bien moite. Devant nous, la caillera du 16e qui fume, bonnet sur les sourcils, clopes fumantes, écouteurs autour du cou, ce qui prouve qu'ils ont la capacité, quand les circonstances l'exigent, de parler et de s'entendre. L'un d'eux me demande s'il peut prendre la chaise inoccupée où j'ai posé mon fourre-Rouault. Je dis non, je vais la porter chez Dalloyau, ils sont à court de mobilier. J'rigoole, je dis mais oui bien sûr, mais vous ne me tapez pas avec. Masqué l'ado, me rassure tout de suite puis comprend que je suis une grosse farceuse. Un p'tit gars bien poli, ça me branche, pour fêter ça, je commande une 2e moëlleux.

moelleux.PNG

 

Et puis, c'est la fin de ce merveilleux dimanche, il faut regagner ses pénates. Je range ma ceinture de bananes, banane.PNGenfile ma tenue de femme au foyer (oui mais moi j'ai même pas besoin de me lever demain pour aller bosser, gnagnagnaeuh), On plie le jambon, la feuille de salade, le yaourt, le pissou, les volets, le plumard, je me glisse sous les draps encore habillée et maquillée. Saint Barnaby peut commencer.

Fix-120312.jpgSur son édredon. Le chien remue la queue, lui. Je m'endors derechef. Quand je me réveille, mon mari me dit, le coupable, c'est le pianiste. Ah, bon,c'est pas Kayser Sauzé ? Il ne sait pas, le pauvre, qui est Kayser Sauzé, Ni Gabriel Byrne. Alors, Rouault, tu penses...

 

Copyright : Olivia van Hoegarden.

 

SHAG : 25 rue d'Aguesseau, 92130 Boulogne Billancourt de 12h à 19h

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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 10:33

 

coluche

Le 8 mars, c'est aussi le début de l'opération promo partage qui aura lieu jusqu'au 14, dans votre Carrefour préféré. Rendez-vous au rayon ultra frais où vous trouverez des produits Danone. Si vous en achetez quatre, vous assurez un repas des Restos du cœur. Et si vous loupez cette opé, vous pourrez vous rattraper du 21 au 26 mars dans les Carrefour Market.

N'oubliez pas d'inscrire ces dates dans votre agenda et rajoutez les produits Danone à votre liste de courses.

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 12:18

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Le 8 mars, c'est aussi le début de l'opération promo partage qui aura lieu jusqu'au 14, dans votre Carrefour préféré. Rendez-vous au rayon ultra frais où vous trouverez des produits Danone. Si vous en achetez quatre, vous assurez un repas des Restos du cœur. Et si vous loupez cette opé, vous pourrez vous rattraper du 21 au 26 mars dans les City Market.

N'oubliez pas d'inscrire ces dates dans votre agenda et rajoutez les produits Danone à votre liste de course.

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 18:40

 

IMG 5727 (2)En son temps, Marguerite Duras dans « La vie matérielle », s'entretenait de son alcoolisme de manière subtile, vraie, bouleversante, presque une incitation, un pardon. Benoît Schmider, qui est descendu de son enfer, lui aussi se confesse et, cherche l'absolution, avec des flots d'humour et une ingénuité rare.

 

Dur dur pour un enfant surdoué de la pub, d'admettre sa déchéance, de la décrire cash, sans filtre, sinon celui de l'ironie, de montrer où elle l'a mené, les pays qu'elle lui a fait traverser pour y échapper et son refus, in fine, de se cacher.

 

La publicité et l'alcool, une addition salée

 

Son postulat ? L'alcool qui coule à flot et en notes de frais, ne coûte rien, si ce n'est le premier pas. La festive publicité, en abreuve ses dévots : inévitables déjeuners d'affaires, célébrations de toutes sortes, pots d'arrivée, de départ, anniversaires, remises de prix, tout se met en place pour conforter celui qui croit qu'il est un con parce qu'il ne boit pas. On en arrive au « Binge Drinking », cette alcoolisation à outrance qui frappe les jeunes, stressés dans leurs grandes écoles ou leur fac, et largement arrosés par les amis Ricard, Kronenbourg et autres Johnny Walker. On les a pourtant prévenus, loi Veil, loi Sapin même combat : l'alcool nuit gravement à la santé. C'est même la pire des drogue, elle dépasse l'héroïne selon une étude publiée dans The Lancet et rélègue le LSD au rang de « drogounette ». Benoît n'en a cure : se murger, ça désinhibe, ça rend joyeux et quelquefois même ça permet de baiser en oubliant son préservatif. Vertigineux.

 

Des bouchons sur la route du succès

 

Benoît Schmider, lui, il y va à fond les ballons, fait sauter les bouchons, déguste du Saint Estèphe, du Ruinart, s'envoie de la vodka, biberonne en un mot. Comme un bébé précipité dans la vie, il est fragile. Il reçoit les honneurs de Stratégies ou de CB News ou des Echos, du Festival de Cannes de la pub, de ses pairs et surtout, atteint les plus hautes responsabilités quand il est nommé vice-président en charge de la création d'une grosse agence. Il est titré comme un grand cru, palmé, primé, récompensé. Il fait péter l'Infinity* professionnelle en toute occasion, il conduit avec « 2 grammes d'alcool dans le sang », il défonce sa voiture de fonction : 3 000 euros qu'alignera le directeur financier. Benoît ne peut plus travailler, les mauvaises langues, bien souvent ses ex-lèche cul, soutiendront qu'il est devenu imbuvable. « Il est bien loin le futur Séguéla », assène-t-il, lucide.

 

 

La petite eau

D'ailleurs, il doit quitter son poste, il s'exile au Japon mais il est repris par ses démons, puis c'est l'Ukraine et sa redoutable « Petite eau **». Incapable de relancer sa carrière à l'étranger, il rentre à Paris. Il ajoute à sa collection de substances, les anti dépresseurs et les tranquillisants. Veut en finir. Il choisit « le cocktail Dalida ». Là, il débouche le Rivotril, le Tercian et la Méprozinine, et deux bouteilles de St Emilion. Cet abus le sauve, il vomit son mélange. Son plombier le trouve inanimé et le rend à son abominable vie.

 

un café, l''addition, et un jus de blé

 

Schmider décide de régler ses comptes à l'alcool gratuit. Il consulte un sage: « Avant je voyais mon étoile, maintenant, je ne la vois plus », résume-t-il joliment , et devient un habitué des cours de développement personnel, met les mains dans la terre glaise, trouve une nouvelle copine. Désormais, il verse dans la sobriété. Pas une fois, il ne connaît le moindre état de manque : « Je ne suis pas un vrai alcoolique, dit-il, et je n'ai jamais bu le matin », c'est un signe. Cette fois la coupe reste vide et Benoît trouve sa rédemption. Il se rince au jus de blé, écrit cet « Open Bar » et affirme que sa vie désormais n'est faite que de « d''heures heureuses*** ». Cet ouvrage est un « petit livre » mais ô combien gonflé de vérités. Schmider en est content. Que le premier qui n'a jamais pris une cuite lui jette le premier verre. « Open Bar » à lire cul-sec.

 

Open Bar

Benoît Schmider

Editions Sans Filtre

La Fnac, 8 euro

 

* Carte de crédit qui autorise d'importants découverts

** Traduction française de « vodka »

*** Traduction française de « Happy Hours », ce moment où dans les bars les consommations sont moins chères

 

Copyright : Olivia van Hoegardenolivia's face

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