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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 20:21

 olivia-Juke-Box483-copie-2 J’en discutais encore l’autre jour avec l’un des plus grands auteurs de tous les temps, Marcel Gotlib (nous déjeunions à des tables voisines, aux Rizières, un chinois jouxtant sa coquette meulière du Vésinet), c’est vrai, il a donné au monde quelques unes de ses plus belle planches. La Rubrique-à-Brac, les Dingo Dossiers, l’Echo des Savanes (mais oui, c’est lui qui l’a lancé avec Brétecher et Druillet à l’aube des années 70) et surtout l’influent, l’énorme Fluide Glacial, la Bible d’entre les Bibles.  J’en ai toujours un dans les wawa et l’on peut m’entendre me gondoler entre deux prouts, lorsque je me rends à la chaise percée.

 

 Mais je m’égare.  Gotlib a aussi mis de la sauce soja sur ses crevettes sel-poîvre et le pied à l’étrier à beaucoup de ces talents qui tiennent salon à Angoulême (attention zeugma).

Puis, après avoir partagé une demi bouteille de Tavel avec son interlocuteur plus jeune mais qui faisait le rôle du vieux, le Maître s’en est allé alors que j’attendais encore mon 2e café liégois, me laissant les yeux dans les yeux avec pêle-mêle, la coccinelle, Tintin, Spirou et mes souvenirs de rencontres avec des dessinateurs de BD.

 

 Car oui, j’ai croisé quelques uns de ces héros, auteurs de BD. J’ai été stagiaire de Serge de Beketch du temps où il avait de l’humour et où il écrivait dans Pilote et rédigeait des journaux d’entreprise pour les clients de l’Agence Havas Conseil. J’ai réveillé un matin, Lucques,  avec des croissants et du jus d’orange pour lui apporter un scenar à illustrer. Il habitait près de Balard et m’a saoulée avec des compliments sur ma meilleure amie mannequin sans que je puisse jamais lui demander comment il connaissait icelle. Je me suis piqué la ruche au porto avec Franquin, tout un samedi après-midi, tandis qu’il retouchait une illustration représentant Gaston Lagaffe dormant sur une copieuse, trieuse, agrafeuse Rank Xérox. L’accroche était : “Qu’il est doux de ne rien faire quand tout s’agite autour de vous.” Je crois que c’était de Serge Fichard, alors que nous bossions pour l’Agence Young et Rubicam. J’ai croisé François Avril à l’Agence Léo Burnett, pour un projet de film sur All Bran de Kellogg’s, il y a de ça, oooh, 20 ans et des broquilles. Et depuis, (Dupuis?), terminé, nada, niente, nothing, zilche, pas plus de bédéistes que de beurre en branche, jusqu’à ce 11 février dernier où, grâces soient rendues à mes amitiés facebookiennes, j’ai pu  assister au vernissage d’une expo de Charles Berberian. Berberian, le père d’Henriette (avec Dupuy qui a fait mère porteuse), vous savez la petite Henriette et son journal, une gamine de mine de rien qui se pose plein de questions. Ses histoires étaient publiées dans Fluide, d’où l’intro de ce post, un peu longuette, je le reconnais,  qui avait pour but de relier habilement Gotlib et Berberian. Voila qui est fait. Je peux attaquer le sujet.

 

cover-Juke-Box4822Charles Berberian n’est pas né du dernier puits de pétrole puisqu’il vit le jour en Irak et en 1959. Puis il a vécu au Liban,  et s’est retrouvé tout naturellement à l’âge de 18 ans et à l’Ecole des Beaux Arts de Paris (attention, re-zeugma). Ensuite, je zappe un peu, sinon, on va me faire un procès houellebecquien, genre t’as encore tout pompé sur Wikipédia.

Pour Berberian aussi, ce 11 février était important, il exposait ses oeuvres à la galerie Bdartiste et présentait Juke Box son dernier recueil de rêves musicaux.

 

Berberian s’est débrouillé tout seul pour ce joli album qu’il qualifie de “livre stéréophonique conçu pour être lu à un volume très élevé”.  J’ai donc chaussé mes lunettes à bruit et je me suis promenée dans la mémoire musicale de Charles.  C’est plein de belles couleurs, de pizzicatis délirants et de riffs bien  sonores tout au long des 13 partitions où il est rendu un hommage caustique à John, David, Phil et Elton…. Un beau voyage rempli d’humour et de subtilité au prix de 16 euro, seulement. Le buffet, vin rouge et chips, était un peu court pour une soiriste telle que moi (un métier qui se perd et est souvent, à tort, confondu avec l’état de pique assiette professionnel) mais l’on s’abimait dans l’écoute des symphonies berberianes (le collage de minidisques illustrés), les adagii à 450 et 700 euro. Je serais bien partie avec une jolie dame, sopranisée en couleur dans son cadre, mais en ce moment, c’est les fonds qui manquent le plus.

 

Et pendant ce temps là-ah, l’artiste dédicaçait Juke Box avec un dessin personnalisé. Il a écrit “pour Olivia” et m’a représentée (à la gouache je vous prie et pinceau levé), tenant une gratte, Juke Box oblige.  On reconnaît bien mon nez oblique, ma petite bouche barbouillée de gloss framboise, mes grandes lunettes et ma coiffure approximative. Puis, il a signé et inscrit la date. Après il fallait faire sécher. Comme il faisiat doux ce soir-là, on a tous séché sur le trottoir avec ceux qui allumaient des sèches. Voilà, je connais maintenant le destin (dessin?) d’Henriette, un destin enviable, un beau destin à encadrer.

 

                                                                                                Olivia van Hoegarden

 

PS : Au niveau people, on pouvait croiser la piquante Anna Rozen, rappelez-moi de vous parler de cette écrivaine, madame Berberian à la ville, Nina Berbérian, la vraie fille de Charles B, l’immense Pakman venu en Yves Pakula et… François Avril… tiens, tiens. Il ne m’a pas reconnue sinon, je suis sûre qu’il m’aurait dit bonsoir. Et puis, la bande à Fluide… naturellement, mais je ne les connais pas forcément par leur figure, seulement par leurs figures….photo-berberianbd476-copie-2.jpg

 

 

 

 

 

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Published by oliviavanhoegarden.over-blog.com
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commentaires

lôlô 23/02/2011 08:48


Tu oublies François Thomas (qui nous faisait des illustrations pour Longel chez Bénéfice)l'auteur inégalé de Stan Caïman (le héros chic à la queue verte) et de ses pin Up body-buildées SM ...


oliviavanhoegarden.over-blog.com 04/03/2011 17:52



Tu as raison, j'ai oublié François Thomas mais je crois que tout le monde l'a oublié, hélas il ne fait plus rien.