Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 00:29

couchées021

 

Il y en a des choses auxquelles il faut réfléchir quand on lit un livre.

Par exemple, à celui ou celle qui l'a écrit, à ceux qui le liront, à ceux qui lui donneront une vie puis à d'autres qui le tueront

 

Vous vous souvenez de Farenheit 451 ? Une sci-fi de Ray Bradbury portée à l'écran par François Truffaut dans les années 67, à l'époque où les filles de mon âge rêvaient de surboum en écoutant sur leur Teppaz, « Lets' spend the night together »  des Stones, et « Je voudrais faire l'amour avec toi » de Polnareff sans savoir que pour le grand voyage de la sexualité il fallait aller un peu plus profond que le baiser avec la langue. Bref, Farenheit 451 raconte le combat d'une poignée d'intellectuels rebelles qui, voyant que le gouvernement va détruire tous les livres existant, donne à chacun de ses sympathisants pour mission d'apprendre un ouvrage par cœur. Cela se termine à peu près bien puisque aujourd'hui, nous pouvons toujours nous adonner à la lecture de la comtesse de Ségur née Rostopchine qui faisait tant et bien fouetter (rapport à ses origines russes) ses domestiques et ses salopiauds de petits-enfants pour l 'édification de la bonne société de l'époque. Rien de plus beau que de sauver par la mémoire, les écrits condamnés, non Adolf, ne fais pas ton parano, je ne fais aucun parallèle avec ton autodafé quoi que, reconnais-le, tu as fait flamber plus d'un auteur qui te dérangeait et tu aurais dit quoi, si moi j'avais voulu faire brûler « Mein Kampf, » tu aurais été très colère, je te connais Adolfinou, tu ne te maîtrises pas. Bon, je peux parler maintenant ? Merci. Imagine toi, mon petit moustachu impuissant que depuis que tu t'es fait sauter le caisson dans un bunker à Berlin, il y a des gens qui ont écrit et t'ont étouffé sous des milliers de pages bonnes ou moins bonnes, mais ils ont eu la liberté de le faire. Grande est l'écriture. C'est de ça que je voulais parler. Grand est aussi le pouvoir de détruire une œuvre, fut-elle futile.

 

Il y a peu, une écrivaine dont j'apprécie le talent, m'a donné à lire un de ses romans. « Couchées ! », c'est le titre qui ne va pas du tout avec la mentalité de la dame qui a connu l'incendie de soutif et se prêterait pleinement de nos jours à un slutwalk. Elle imagine, mais où va-t-elle chercher tout ça , elle imagine qu'une entité politique suppurante, Pierre-Henri Astorg de la Musardière, autrement dit PHAM s'en prend aux libertés des femmes. La retraite à 40 ans, les pipes sous le bureau abandonnées aux MDQ (moins de quarante) et, à ce qu'il reste de femmes d'âge normalement mûr, le ménage, la cuisine, le torchage et un revenu aussi riquiqui que le sexe d'un nourrisson mâle. Oui mais aussi les gouzi gouzi à l'homme triomphant, Il faut suivre. En gros, c'est de la sci-fi aussi, rien à voir avec Van Vogt ou avec Assimov mais l'équation, c'est : « Et tout de même si les femmes n'avaient plus aucun droit, quels droits leur resteraient-t-il ? Celui de sucer, de lécher, de cuisiner et de repasser, je vous la fais courte, d'accommoder le grincheux avec des guépières et des porte-jarretelles, de faire oublier leur cellullite grâce aux sodomites (ça rime) ? ». Pas très Woman's Lib tout ça et pourtant, voilà une représentante d'une génération libérée qui a libéré sa plume dans les années 2000 et raconte une société fictionnelle qui ne jure pas avec les interdits d'aujourd'hui : le voile, l'islamitude, le droit des femmes qui ne progresse pas, comme si elle avait lu dans l'avenir proche.

 

Mais il y a pire. Les lecteurs, l'éditeur, ont laissé quelques exemplaires de « Couchées ! » sur la carreau. Les invendus sont voués au pilon. Au Moyen-Âge, c'était le supplice de la roue, l'éviscération, l'écartèlement, je vous en passe et des meilleures, relisez les Rois Maudits ou Fortune de France, vous aurez le détail. Aujourd'hui, le livre invendu passe au pilon. J'ai regardé ce qu'ils en disaient sur Wikipédia.. Tout ouvrage que peut-être des gens ont dépensé leur sang et leur eau pour les' écrire, des livres de classe par exemple, peuvent aller au pilon. Des Lagarde et Michard,

des Maurice Grévisse qui ont fait vomir ma jeunesse mais qui ont contribué à mon apprentissage. La littérature scolaire n'a pas attendu Steve Jobs pour inventer l'obscolescense programmée. Des milliers de bouquins passent à la destruction pure et simple. Et pourquoi on n'envoie pas ces livres d'écoles chez des gens qui meurent de soif et d'envie de savoir, au Sahel, on ne manque pas que d'eau ? Et gros prétexte : la papier martyrisé est recyclé en...P-Q, sopalin et autres... grand bien nous en fasse heureusement qu'il y a de la merde à torcher chez les gens bien..

Vous me direz, t'as qu'à le faire toi la bécheuse! Ben je le fais, je garde par devers moi « Couchées ! » un roman de Dominique Cozette et au premier mouvement d'humeur je l'apprends par cœur et je lui souhaite RIP, Recycling In Pilon. Et vous avez qu'à faire la même chose

 

 

Copyright : Olivia van Hoegarden

 

 

couchees021.jpg

Partager cet article

Repost 0
Published by oliviavanhoegarden.over-blog.com
commenter cet article

commentaires