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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 10:59

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 Je sais, c’est très mal porté dans ce pays, dans mon milieu, sur Facebook voire : j’adore Jacques Chirac.

 J’ai pourtant bien dit mille fois déjà, que ne pouvant voter, je n’avais aucun penchant politique.

En Belgique, qui est un royaume, je respectais le Roi et je votais, social démocrate ou démocrates chrétiens mais c’était uniquement parce que j’étais amoureuse du secrétaire général du parti.

 

 Alors, Pourquoi Jacquot? Parce que je l’ai rencontré, et qu’il est follement sympathique. Et parce qu’il a acheté ma première campagne de pub, censée lutter contre les souillures des trottoirs parisiens où de fragiles retraitées  dérapaients.

 

 Oui, c’est le seul acte politique que j’ai jamais posé (!) en France. J’étais encore bien novice à l’époque et je prenais tout ce qu’on donne aux juniors, c’est à dire, tout ce dont ne voulait pas le reste de la création. Et sous les encouragements : “Tu verras, c’est pour toi, l’occasion de faire une vraie campagne en couleur et des films, plus des affiches.”  Comment pouvais-je chipoter, là où les autres avaient des pudeurs : “Je ne travaillerai jamais pour les Maisons Phénix, pour les bagnoles, pour un politicien de droite – VGE était encore au pouvoir -, sur l’Oréal, sur Procter etc.”, se récriaient les vedettes de la créa.

 

 Et moi, je la voulais ma campagne pour étoffer mon dossier balbutiant – très prometteur, dirait plus tard Maurice Lévy – de plus, la prod avait demandé à Jacques Tati de réaliser les films, ma tête ne passait plus les portes. On m’a même adjoint un DA démissionnaire en partance pour DDB, alors “ les déjections canines, beurk, c’est bien pour te faire plaisir, ma poule.”

 

 Et oui, mon Chichi, à l’époque, maire de paris, avait constaté que la fronde contre les crottes de chien, représentait 5% de son courrier. Clientéliste comme pas deux – il est comme ça mon Chichi – soucieux de préserver un électorat féminin-sénior, il ordonna à ses sbires, d’agir en conséquence. Le budget était pré-attribué à l’agence, la fille du développement connaissait le chef de cabinet du Maire et hop, ni vu ni connu, j’tembrouille, faisez-moi vite une campagne qui ne stigmatisera ni les maîtres, ni les chiens.

 

 Alors “prudence, on marche sur des oeufs”, Oivia, “rien de scato (comme si c’était mon genre), rien de vulgaire, rien d’agressif”.  Tati tournerait des films où un prescripteur dirait au propriétaire de chien entrain de faire : “Monsieur, vous avez perdu quelque chose!” et montrerait l’objet du délit. On signerait : “Apprenez-lui le caniveau!”. Bon, on tourne, l’AD démotivé crée un sacndale en tutoyant Tati pour lui demander de recadrer un plan. Oh! La-La!, le crime de lèse-majesté; j’ai dû cirer les bottes de Mon Oncle pour qu’il ne quitte pas le tournage séance tenante. Je pensais à mon Chichi, je voulais qu’il soit content aussi, si flatté qu’il était que Tati soit chargé de la mise-en-scène. Résultat, Tati réinventa les story-boards, planta deux films sur trois, il fallut appeler un mercenaire à la rescousse pour les retournere.

 

 Et puis, badadam, un nouveaux DC débarque en un week-end, il reprend la créa en main et passe au crible les copies les plus récentes. Il conspue les films mais, ils étaient déjà vendus, endossés par Tati pas gêné. Il a fallu trouver une autre campagne pour le print. Le DC accepte une campagne noir et blanc, des dizaines de chiens photographiés dans des poses innocentes – loin du caniveau – un bandeau jaune, tic de lay out très en vogue à l’époque, permet aux clebs de s’exprimer : “Moi, je fais où on me dit de faire”, un peu mon motto au fond et “Bon ok, on signera Apprenez-lui le caniveau pour faire le lien avec les films…” Mais même ça, ça donnait pas une idée de cohérence. On m’a soufflé dans les bronches, Tati ne tarda pas à décéder. Mais Chichi, lui, il m’a baisé la main : “Un excellent travail, chère Médème…”, mon unique bon souvenir, j’en ai encore ma petite culotte à la main.

 

Olivia van Hoegarden

 

 

 

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commentaires

kobus van cleef 17/04/2015 18:45

Il a dit "chere medeme" ou bien "chere petite medeme" ?
Vous conviendrez que c'est pas pareil

Olivia 17/04/2015 19:31

Chère Médème. Mais bon, ce billet a 4 ans au moins, vous avez mis le temps à réagir ;) Bonne soirée.