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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 18:12

 

Century-of-fashion2007.jpgCes derniers mois, j'ai lu, beaucoup lu. L'écrivain de la famille, La liste de mes envies de Grégoire Delacourt ; deux romans de Lionel Duroy (Le chagrin) qui racontent la même histoire, une longue, une courte, avec des personnages qui cachent leur misère derrière des noms à rallonges qui changent et ne sont que l'autobiographie de l'auteur, un ancien journaliste de Libé qui a un nom ...à rallonges. Les piliers de la Terre de Ken Follett et sa resucée distrayante Un monde sans fin et aussi La chute des géants, Le vol du frelon, Peur blanche, L'homme de Saint-Petersbourg et Le pays de la liberté. Puis, tous les Delphine de Vigan car Rien ne s'oppose à la nuit ni à la lecture de ses tourments, elle n'en épargne d'ailleurs aucun à son lecteur, en bonne ex-anorexique, elle vomit avec talent ses plus noirs cauchemars. Les nouvelles ça me plaît bien aussi, je bouffe du Carver, du Fante père et fils à tout va, et bu jusqu'à la dernière goutte de Bukowski dont on a sorti un inédit cette année. J'ai éclusé des polars : Harlan Coben, les pires sont ceux où il raconte les aventures ridicules de son héros récurrent, Myron Bolitar. Mais il en écrit d'autres qui sont mieux, comme Ne le dis à personne dont Guillaume Canet n'a eu aucun mérite de tirer un succès à l'écran parce qu'on ne peut pas rater une histoire comme ça. Et que dire de Philippe Kerr, un Anglais qui raconte la vie d'un privé nazi mais pas nazi en même temps, Bernie Gunther, Kerr, c'est la Trilogie berlinoise, également sur la liste des mes lectures 2012.

carver010.jpgC'est comme les Douglas Kennedy empilés sur ma table de chevet, L'homme qui voulait vivre sa vie, A la poursuite du bonheur, La femme du Ve, Les charmes discrets de la vie conjugale, Une relation dangereuse, Ces instants-là, Cul de sac (Piège nuptial), Rien ne va plus, Les désarrois de Ned Allen... Quant à l'inventeuse du Commandant Dalgliesh, PH.D. James, elle a fait cette année une incursion dans le monde de Jane Austen, transformant les héros de Pride and Prejudice, à la manière de Jane Austen, en protagonistes d'une enquête policière dans La mort s'invite à Pemberley, une vraie purge, elle vieillit la vénérable reine du polar, elle qui n'était déjà plus toute jeune.

charmes-discrets008.jpgEt je n'oublie pas tous ces auteurs scandinaves, Camilla Lackberg qui n'en finit pas de désosser les mystères de sa petite ville de Suède dont l'héroïne écrit des polars et dont le mari est flic, ça porte des titres comme Le tailleur de pierre, L'enfant nazi ou La sirène et encore Arnaldur Indridason, vous connaissez bien sûr le commissaire Erlendur et son adjoint Sigurdur Oli ? Ils m'ont fait franchir La muraille de lave, il y a quelques nuits de ça, qu'est-ce qu'ils ont comme squelettes dans leurs placards les Islandais ! Ah ! Back to the USA, il y aussi Denis Lehane qui est capable de sortir Mystic River et Shutter Island mais qui a néanmoins mis son écrivain automatique en mode actif pour me barber avec son couple de privés Kenzie et Gennaro qui font des tirades de bons mots vaseux, genre ''On traque des assassins mais qu'est-ce qu'on rigole''.

zweig009.jpgVous croyez que je vais vous laisser vous en tirer sans évoquer mon idole, Stefan Zweig : Vingt-Quatre Heures de la vie d'une femme, La confusion des sentiments, Amok, relus jusqu'à l'usure ? Que nenni, l'homme a tant produit mais comment faisait-il pour trouver l'inspiration  ?

Je cherche encore, était-ce son mal de vivre - il s'est suicidé en 1949 avec sa femme, au Brésil loin de son Autriche natale. C'est cela, il faut beaucoup souffrir pour écrire, être impudique, ne pas avoir peur de se mettre sa famille à dos, avoir une grande confiance en soi, ne pas être bipolaire donc procrastineur, avoir une grande imagination, être très cultivé, avoir suivi un cours d'écriture dans une université américaine comme cette conne prolixe de Catherine Pancol dont j'ai croisé cette année, les yeux jaunes de Central Park, mais à quoi ça peut bien servir de lire Catherine Pancol ? Apprendre à tirer à la ligne comme Paul Auster ou Elisabeth George, au fait quand revient-il mon aristoflic préféré, Sir Linley, suivi de sa plouc de Barbara Havers ? Il faut dire que pour écrire un truc comme This Body of Death, il faut se lever tôt – oui, c'est ça, il faut se lever tôt, plus tôt que les chiens, telle Sylvie Ohayon qui dit ''Je crie des livres '' et dont j'attends Les bourgeoisesavec impatience. J'ai plein de copains qui écrivent : Philippe Laffite (Les vies d'Andy, Anna Rozen (Je vous prête mes lunettes, La bombe et moi), Georges Kolebka (92 comprimés, Marc Desmazières(Je vous salue maris, En attendant que ma mère meure, Georges Flipo (La commissaire n'a pas l'esprit club), Benoît Scmider (Open bar), Frank Vinchon (Tranches de mort) ou même Drosora (Se lier n'est pas s'unir), ma copine qui fait des bébés et de l'humanitaire, allez hop ! elle me pond un roman inspiré d'une douloureuse liaison amoureuse ! Même mon arrière grand-père écrivait : ses mémoires, ses traités de Haute-Couture.

Century-of-fashion005.jpgBon, je ne suis pas assez malheureuse, pas assez torturée comme m'a dit un directeur de création en voyant mon dossier publicitaire et puis ai-je jamais assez aimé, assez voyagé, assez fait d'enfants, assez bu, assez pleuré, assez fumé, assez sniffé, assez ri ? Je ne suis pas assez fille de diplomate belge (je jure que je n'ai lu qu'un seul Amélie Nothomb et aucun Le Clézio d'ailleurs) et je suis née de parents trop pauvres dans une famille blindée...Et jusqu'à Julien Clerc qui me démolit les tripes avec sa chanson N'écris pas, non je n'écris pas, j'ose pas, mais j'ai beaucoup lu oui beaucoup lu quand même, enfin, maintenant que je suis grand-mère et que j'ai 60 ans, je vais pouvoir me prendre pour la comtesse de Ségur née Rostopchine qui a écrit un nombre incalculable d'histoires pour ses petits-enfants. Oh, et puis à quoi bon, je vais lui refiler tous mes T.Trilby et mes Club des Cinq à la Louna et moi je retourne à la vaisselle et puis aux Rapines du duc de Guise. Oui, je lis n'importe quoi sinon je meurs.

mamoune.jpg


 

Copyright. Olivia van Hoegarden

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Published by oliviavanhoegarden.over-blog.com
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