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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 21:29

KafakaGeorges Kolebka écrit des choses qui lui passent par la tête et qui lui sortent par l'autre. Un peu comme Kafka avec qui il partage cette initiale et cette désinence fatale. Ka, Ka les coïncidences sont aussi nombreuses que troublantes. Si j'osais être impolitiquement correcte, je dirais que si Kafka avait eu un brin d'humour, il aurait écrit comme Kolebka, un truc qui se fout bien de la gueule de la littérature, surtout celle de la Comtesse née Rostopchine et à l'inverse, que Kolebka nous aurait pondu des Métamorphoses et intenté des Procès à tout va avec la verve d'un Desproges. Mais ils ne sont pas contemporains. A moins que l'un ne soit le fils de l'autre et ce dernier un peu ma mère qui était née en 1924 mais qui goûtait peu la prose de Frantz. En revanche, moi-même, personnellement, je, si Kafka a emblématisé mon adolescence boutonneuse, Kolebka embellit le chemin littéraire de mon âge mûr qui ne cesse de bourgeonner tout au long des chemins creux de la soixantaine.

 

Mais je ne voulais pas tout ramener à moi car on me le reproche trop souvent. Néanmoins, si je vous connaissais mieux, je vous dirais que je ramènerais tout à vous.

 

GeorgesSi vous n'êtes déjà prévenus, Georges Kolebka est un ancien publicitaire, des fouilles archéologiques l'ont prouvé, mais il n'écrit pas de roman au contraire de nombre de ses congénères qui ont fait carrière chez Gallimard, Lafont, Le Dilettante, Le Renard Furieux et les Nouveaux Mauvais Littérateurs. Néanmoins, il trouve des éditeurs comme l'Arbre vengeur et la Noisette broyée qui accueillent les auteurs légèrement tangents. Il écrit court, en pub, on appelait ça des Body-Copy et vous latte avec des titres qui valent bien mieux que « Grand-Mère fait un bon café ». Quelques lignes gaulées comme un top-modèle de Dior, des mots hyper choisis, tels ceux de Maurois, Gide, Genevoix et une sorte de bon sens lexical campagnard -l'homme possède une résidence secondaire en Normandie- achèvent de vous achever. La grammaire ferait pâlir Bescherelle, la conjugaison pousserait Maurice Grévisse au suicide, le style oh là ! Putain, le style, il est impeccable je ne sais même pas à qui le comparer, je dirais donc qu'il est incomparable. Chateaubriand, Stendhal, Balzac qui sont tous furieux et vont le faire savoir par le Figaro littéraire, ont pris ombrage de cette perfection de la syntaxe, du choix du vocabulaire et de la netteté de la narration, points sur lesquels Kolebka les bat à plate couture comme Madame Ginette, la petite couturière de ma grand-mère, foutait les ourlets en l'air d'un coup de molllet sur sa Singer.

 

Kolenka105-copie-2.jpgOh, vous voudriez savoir de quoi il s'agit, lire du Kolebka ? Mais quoi ? Vous voulez que je copie colle chacune de ces mignardes nouvelles ? Vous vous foutez de moi ? Vous avez qu'à l'acheter son recueil d'Acidulés, ça vaut 10 €.

 

Acidulés

Georges Kolebka

 

Arbre vengeur 10€

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Published by oliviavanhoegarden.over-blog.com
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