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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 21:29

KafakaGeorges Kolebka écrit des choses qui lui passent par la tête et qui lui sortent par l'autre. Un peu comme Kafka avec qui il partage cette initiale et cette désinence fatale. Ka, Ka les coïncidences sont aussi nombreuses que troublantes. Si j'osais être impolitiquement correcte, je dirais que si Kafka avait eu un brin d'humour, il aurait écrit comme Kolebka, un truc qui se fout bien de la gueule de la littérature, surtout celle de la Comtesse née Rostopchine et à l'inverse, que Kolebka nous aurait pondu des Métamorphoses et intenté des Procès à tout va avec la verve d'un Desproges. Mais ils ne sont pas contemporains. A moins que l'un ne soit le fils de l'autre et ce dernier un peu ma mère qui était née en 1924 mais qui goûtait peu la prose de Frantz. En revanche, moi-même, personnellement, je, si Kafka a emblématisé mon adolescence boutonneuse, Kolebka embellit le chemin littéraire de mon âge mûr qui ne cesse de bourgeonner tout au long des chemins creux de la soixantaine.

 

Mais je ne voulais pas tout ramener à moi car on me le reproche trop souvent. Néanmoins, si je vous connaissais mieux, je vous dirais que je ramènerais tout à vous.

 

GeorgesSi vous n'êtes déjà prévenus, Georges Kolebka est un ancien publicitaire, des fouilles archéologiques l'ont prouvé, mais il n'écrit pas de roman au contraire de nombre de ses congénères qui ont fait carrière chez Gallimard, Lafont, Le Dilettante, Le Renard Furieux et les Nouveaux Mauvais Littérateurs. Néanmoins, il trouve des éditeurs comme l'Arbre vengeur et la Noisette broyée qui accueillent les auteurs légèrement tangents. Il écrit court, en pub, on appelait ça des Body-Copy et vous latte avec des titres qui valent bien mieux que « Grand-Mère fait un bon café ». Quelques lignes gaulées comme un top-modèle de Dior, des mots hyper choisis, tels ceux de Maurois, Gide, Genevoix et une sorte de bon sens lexical campagnard -l'homme possède une résidence secondaire en Normandie- achèvent de vous achever. La grammaire ferait pâlir Bescherelle, la conjugaison pousserait Maurice Grévisse au suicide, le style oh là ! Putain, le style, il est impeccable je ne sais même pas à qui le comparer, je dirais donc qu'il est incomparable. Chateaubriand, Stendhal, Balzac qui sont tous furieux et vont le faire savoir par le Figaro littéraire, ont pris ombrage de cette perfection de la syntaxe, du choix du vocabulaire et de la netteté de la narration, points sur lesquels Kolebka les bat à plate couture comme Madame Ginette, la petite couturière de ma grand-mère, foutait les ourlets en l'air d'un coup de molllet sur sa Singer.

 

Kolenka105-copie-2.jpgOh, vous voudriez savoir de quoi il s'agit, lire du Kolebka ? Mais quoi ? Vous voulez que je copie colle chacune de ces mignardes nouvelles ? Vous vous foutez de moi ? Vous avez qu'à l'acheter son recueil d'Acidulés, ça vaut 10 €.

 

Acidulés

Georges Kolebka

 

Arbre vengeur 10€

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 01:32

Paviot.JPGJe n'avais lu qu'un roman de Christophe Paviot, « La guerre civile est déclarée » C'est glaçant, glacé, une aventure haletante, tortueuse, invraisemblable sans aucun arrière-goût de vécu, sans aucune clé autobiographique si ce n'est la ville de Rennes où se déroulent les faits, la ville de l'auteur. Paviot y manipule des protagonistes affreusement normaux, rien ne manque, ni le pavillon des parents, ni l'enfant qu'il faut conduire à la crêche, ni le travail accompli avec professionnalisme, ni l'amitié, ni l'amour, ni les potes, ni les sorties TGIF. Et pourtant l'horreur est sous-jacente à ce qui semble une petite vie sans histoire. Quelque chose de passionnant monte en puissance, on a l'œil vrillé de chapitre en chapitre, c'est du thriller, du polar, du chirurgical rubis sur l'ongle, aéré d'une plume claire, toute simple et quand ça explose pour de vrai, c'est dans un souffle à vous crever les tympans.

 

On se dit, il a du tempérament, ce Christophe Paviot, un auteur à la sensibilité exacerbée – forcément, c'est un publicitaire qui se doit d'expulser sa culpabilité de vendeur de lessive, il efface son nez de Pinocchio avec la lime de la littérature pour laquelle, il faut le dire au passage, il est sacrément doué, le bougre – tout artiste vit une torture et celui-là a l'air sacrément percuté du bulbe. On salue bien bas, on recommande aux amis, on n'arrive pas à oublier. On se dit, vivement le prochain.

 

Et le voilà qu'il arrive. « Aujourd'hui à jamais » ou « Aujourd'hui pour toujours », c'est pas clair. On met sur la porte « Ne pas déranger », on prend sur son temps de sommeil, on oublie tout agenda. Il n'y en aura que pour le nouveau Paviot. Enfin, c'est ce que moi, je me dis, c'est à lire toutes affaires cessantes. On a bien été prévenu par l'éditeur, par l'auteur, on s'embarque pour une traversée qui va nous emmener carrément ailleurs. Ailleurs que là où se rend Paviot d'habitude. Aucune guerre n'est déclarée nulle part, ce sera gai, beau, aspirationnel, il y aura de l'amour et de beaux paysages et puis du fric parce que les gens qui rament et qui radinent les fins de mois, on en a plein le dos.

 

Paviot102-copie-1.jpgEt nous voilà sur the famous East Coast, à Martha's Vineyeard, chez les Kennedy pas moins, enfin pas dans leur maison mais là où ils ont fait leur cinéma, là où le benjamin, Teddy, îvre-mort a laissé se noyer Marie-Jo Kopechné, sa secrétaire, sur le fatidique site de Chappaquidick. C'était en 1969. Je vivais non loin à l'époque. Certains touristes recueillaient dans de petites fioles, l'eau où la pauvre jeune femme avait perdu la vie. Mais Christophe Paviot n'a pas du tout l'intention de parler de ça, à peine, quelques phrases pour situer cette villégiature de milliardaires à qui ce qu'il peut arriver de pire est la mort.

 

Son héros William Baker, a été une coqueluche de Hollywood sans vraiment le vouloir. Il est devenu alcoolique, obèse et un soir s'est fracassé un pied sur une coupe de champagne, vide ou pleine, on s'en fout, le mec a le pied foutu. Il fait sa traditionnelle descente aux enfers. Il maigrit, redevient beau et cherche à se faire oublier. Bien sûr, il lui reste plein de pognon, il quitte la Californie et rallie le Massachussets, les US, c'est tellement grand, comme c'est facile de se faire oublier. Il achète une ravissante maison, dans l'île kennedyenne, la fait restaurer avec un goût inouï grâce à l'aide d'un voisin. Il se fait plein de potes alcooliques, achète un bateau. Mais juste avant, lors d'un séjour dans le plus bel hôtel du coin, il rencontre une ravissante jeune femme, Lisa, venue de New York. Elle est brune, a des yeux bleus et des taches de rousseur, rien que des trucs qui ne vont pas ensemble mais bien sûr c'est ça qui la rend exceptionnelle. Elle est aussi bien foutue et pas conne, toujours une rareté chez une femme, ce qui ne gâte rien. Evidemment, le William, il tombe amoureux, il veut épouser la belle au bout de deux jours, elle accepte en cinq minutes et le rejoint à Martha's Vineyard. Elle apporte ses t-shirts, ses jeans et ses culottes et ils se tapent des apéros à tout va : le blanc est toujours frais, le rouge toujours capiteux et la bière réservée aux hommes quand ils sont entre eux. Ces gens-là ne boivent jamais de rosé, c'est un mystère. Mais ils baisent sous les frondaisons, comme si les lits n'existaient pas. On plaint les fourmis.

 

Lisa et William font du vélo, du bateau, de la bagnole vintage. Lui, il a toujours un peu peur d'être reconnu comme vieil acteur, elle ne gagne plus un radis mais c'est pas grave. Et puis, un jour, comme ça, apparaît une petite fille, Betty, une adorable gamine. Une vie commence avec elle et se complique. Soudainement, le paradis se transforme en enfer, on se met à trembler, à craindre, à s'angoisser.

 

 

Christophe Paviot prend à la blague son nouveau style, cette intrigue à l'américaine, ces drames qui sont les seules raisons des riches d'expier leur richesse. Il nous amène lentement à force de mots et de répétitions qui fleurent bon l'atelier d'écriture, vers une conclusion ultra rapide façon éjaculation précoce. Le suspense est authentique, c'est passionnant. Cette bonne vieille Mary Higgins Clarke a du souci à se faire.

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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 16:02

Michel LemmonierIl y a un homme qui tient une place particulière dans ma vie. Je sais ce que vous allez dire, elle va encore nous parler de son mari, de la tonte du gazon et du combat de titans à celui qui ne fera pas la vaisselle. Et ben non, je ne suis pas allée sur Meetic non plus, ni sur E-Darling pour rencontrer cet homme exceptionnel.  Juste sur Facebook ce qui prouve que ce réseau social présente bien des avantages. Je me demande d'ailleurs si malgré les apparences, surtout sa puissante musculature, il est vraiment humain, le nouvel homme de ma vie. Il vit entre Montréal et Paris, déjà, bon, ça fait monter le doute mais son empathie et son humour laissent peu de questions en suspens. Oui, je l'atteste, OrthothérapieConcept Posturologie Michel Lemonnier qui soigne des sportifs de haut niveau, est même un peu plus humain que ses congénères : il supprime la douleur de nos dos courbés par le labeur, heures passées devant les ordis, sport à outrance, mauvaise posture, nos manies de courber l'échine. Tout cela avec des soins dont Tony Parker ou Rafael Nadal sont jaloux parce que pas mieux et Michel veut donner ce genre de soulagement aux citoyens lambdas après une longue expérience au Samu. Je ne connais pas Michel depuis longtemps, décembre sans doute mais je ne peux plus me passer de lui. J'avais tant de vertèbres coincées que je ne vivais plus sans crier sans cesse :"Oh putain, mon dos, mon pauvre dos !" et je ne suis pas du genre à me plaindre rapport à mon éducation judéo chrétienne qui m' inculqué que je dois payer pour la mort de Jésus sur la croix. Parlons-en de celui-là, s'il avait connu Michel, je pense qu'il aurait ressuscité en bien moins de 3 jours car il faut une heure à Michel et à sa méthode pour supprimer les douleurs dorsales dues aux mauvaises postures quotidiennes. Voilà, je ne saurais trop vous le recommander, il a remis ma fille, monitrice d'équitation d'aplomb et sans un craquement ni un geste violent. Après une séance, elle avait des ailes dans le dos et des étoiles dans les yeux.Un vrai petit ange, ce qu'elle n'a pas toujours été, comme mère de la créature, je peux l'affirmer. Où consulter OrthothérapieConcept Posturologie Michel Lemonnier quand il vient en France ? A la clinique des Princes à Boulogne-Billancourt tout près de la Porte de Saint-Cloud, on se gare facilement. L'homme bosse les week-ends, jours fériés et aux horaires les plus arrangeants pour ceux qui bossent : tôt le matin et tard le soir. Il en coûte deux billets de 35 €. Son partenaire, l'adorable Pierre Foubert, un homme qui donne aussi pour le SAMU, prend les rendez-vous en son absence. 01.46.99.22.15(centre des Princes) OU 06.62.36.78.65 7jrs/7 de 8h à 23h. Parfois, ils dorment mais ils répondent toujours. Heuh ? Humains ou pas finalement ? Il faudra que je pose la question à David Vincent.

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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 10:51

Bonne à remarier 2004 La crise ? Quoi la crise ? Souriez bonnes gens, revoilà Sylvie Ohayon qui en moins de 3 ans aura réussi à publier trois romans et à réaliser un film tiré dePapa Was Not A Rolling Stone* (son premier opus)qui doit sortir bientôt. C'est qu'elle ne chôme pas, l'ancienne publicitaire qui avait hâte, envie, besoin, de nous narrer la suite des aventures de la pauvre petite fille pauvre de la Cité des 4000 à La Courneuve. Cette fois, elle se donne un prénom : Sarah, mais on sait bien que c'est Sylvie qui fait couler de sa plume des souvenirs qui la dévoilent gravement.

 

Ça commence mal. Le mari de Sarah la trompe. C'est banal mais ça lui envoie un TGV dans le buffet. C'est pas du tout son style. Déjà que son père, elle ne l'a pas connu si bien que ça, que son parâtre la battait comme plâtre, alors cocue, en plus, c'est beaucoup pour une seule femme. L'amour, le mariage, porter le nom de son mari, élever des enfants, elle pensait que ça durerait toujours. Erreur princesse, les hommes ne sont pas construits comme ça, dès qu'ils se barbent un poil avec toi, ils se mettent à inventer des réunions de travail à Pétaouchnoque, des séminaires à Marrakech, des charrettes au bureau...

 

Comme une fontaine de madeleines.

 

Conséquemment, Ben, le mari volage, est viré et les eaux montent, Sarah pleure comme une fontaine de madeleines. Elle devient rouge, rouge de honte, alors, elle se lave dix fois par jour, se frotte la peau, s'arrache les tifs et puis ne mange rien, sinon, elle pourrait aussi vomir. A l'agence de publicité, on lui jette des regards pleins de plaintes. La miséreuse de l'amour mérite toute l'attention : on veut la sortir, lui faire oublier, la recaser le plus vite possible, recycler la jalousie en gentillesse, car elle est bonne, elle est la meilleure créative de la meilleure agence de publicité, Sarah. Son salaire mirobole sur son compte en banque. Elle est précieuse pour Max, son tout puissant patron. Tant qu'elle envoie des pubs chouettes, elle peut chialer, on la respecte. Bien petit respect  dans « ce milieu qui n'a rien à apprendre des asiles de fous ». Pour ça, elle tient le coup mais la camisole se resserre, elle s'évanouit entre deux réunions puis file se jetlaguer aux States pour filmer des mannequins laqués. Elle met sur pause.

 

 

Le cul d'un citoyen comme les autres

 

Sarah a un assistant, Rémi, il est homo mais pas fiotte. Et puis un jour, elle nous confie que lui, qui n'a jamais cédé à la pénétration, s'est fait mettre par deux Portu-gay qui l'ont sali avec une bouteille de Coca. Et là, il est temps de la citer, sinon, ça serait inconvenant : « Même après avoir pleuré, supplié (…) ils lui ont enfoncé (…) la bouteille dans l'anus. » Compassionnelle, pleine de sollicitude, elle lui demande le lendemain : « Ça va ton cul ? » : Puis : « Ce n'est pas parce que tu es pédé que tu n'as pas de droits, tu es un citoyen comme les autres... Va chez les flics...» et lui, il demande, comment je vais me faire recevoir, je suis rien qu'un pédé qui a des droits comme  « un type qui se fait enculer dans une chambre d'hôtel où il se rend de son plein gré ». Oui, il pense ça Rémy, il est indéfendable. Tellement, qu'il se pend. Encore un coup dans la gueule pour Sarah, la petite Juive-Kabyle de La Courneuve qui a connu son lot de gnons. Elle s'endeuille puis elle retourne à son business lacrymal, le tribunal, le jugement qui ordonne la garde partagée avec Ben, des deux petites filles qu'elle a mises au monde dans des douleurs lucifériennes.

 

Une expédition en Belgique, sus à la rivale

 

Sarah poursuit son chemin de dégoulinage et de rougeurs, et elle se noie dans toute l'eau des yeux de sa tête, car le malheur ne la quitte pas côté perso . Elle veut souffrir jusqu'à rencontrer la sale baiseuse qui se la joue je suis l'élue du connard qui a précipité Sarah dans le gouffre du désespoir. Une espèce de femme blafarde, une pâle copie humaine, si on se colle le nez dessus, du genre qui pullule  : « La vérité c'est qu'il en est des amantes comme des cafards : quand on on en choppe un, il y en a au moins vingt qu'on n'a pas vus. » Et voilà pour les blattes. D'ailleurs, Sarah, elle veut voir de ses yeux voir, mettre le doigts dans la plaie, y retourner son canif même si elle doit encore se moucher dans son foulard Hermès. Elle se fait un Thalys jusqu'en Belgique pour affronter la pauvre tarée de nana qui lui a piqué son salopard de pauvre mec.

Vallée de larmes, rivière de diamant

Dès qu'elle la calcule, la blonde, Sarah se rassérène. C'est que la malheureuse chose ne lui arrive pas à la hauteur de ses Louboutin à Tour Effeil retournée. Ça, c'est fait. Non mais, faut pas déconner. Comme elle est venue avec sa frangine, Léa, celle-ci en profite pour lui offrir un bracelet de diamants qui vaut le bras d'une BMW noire. C'est symbolique pour dire que Sarah, c'est une fille bien : elle mérite mieux qu'une grosse déprime qui rafte dans une vallée de larmes. C'est une petite loupiote qui s'allume, les diamants, peut-être que le ciel va scintiller de nouveau. Sarah ne sait pas si elle va se remettre la tête à l'endroit, elle veut juste qu'on lui foute la paix, histoire de s'essorer dans le lave-linge du temps. Surtout pas qu'un Adam lui dise qu'elle est son Eve. Sylvie Ohayon qui n'a pas dit son dernier gros mot, ne se gêne pas pour le dire avec sa manière crue, âpre, une écriture qui nous précipite au plus profond de la femme qui se racle l'âme et le cœur.



© Olivia van Hoegarden

*Robert Laffont

Crédit photo, Corbis

 



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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 00:16

Maitre nageur

Les échos de l'aquagym le matin à 11h30 au fond de la piscine à remous.

Toutes ces dames sont en appui, les bras le long du corps (exercice nécessaire au travail des épaules et des biceps) sur leurs haltères en polystirène. Cela ne les empêche pas de papoter sur les petits enfants, les mères Alzheimer, les noces d'or, la confection de gâteaux pour la Noël de la Résidence Renaissance, maison de retraite médicalisée où vivent de riches retraités qui partagent leur temps entre le bridge, le rummikscube, la visite quotidienne à la boulangerie toute proche mais où la baguette leur sert souvent à sauter à l'élastique tellement il y a de cahoutchouc végétal dedans ou alors, choix crucial : "Ah, ben oui si on veut mieux ya la baguette tradi qui vaut juste 1€ de plus, la qualité c'est bien mais c'est plus cher." C'est l'argument de Françoise, la plus antipathique des boulangères, tenez ya qu'à voir, elle ressemble à Muriel Robin avant chirurgie esthétique. De toute façon, ces Messieurs Dames les Anciens, énîvrés au Prozac, au Temesta et au Xanax qui leur assurent au moins trois heures de sommeil chaque jour, oublient vite la piètre qualité des produits et chaque matin, ils reviennent se faire fourguer du pain issu de l'Hévéa chez leur Françoise. Ils vont ensuite se procurer à manger chez le boucher d'à côté, Charles-Edouard Dunoyer, le seul boucher antillais surdiplômé que je connaisse, qui ne fait aucun accra ni aucun boudin épicé eu égard au transit des ses clients. Je me demande parfois, s'il n'est pas sorti major d'HEC. Sonoie de veau est à tomber, son filet de boeuf à faire tomber votre porte-monnaie mais il connaît son monde, chaque octogénaire est traitée aux petits oignons et appelée par son petit nom : Josyane, Yvette, Simone, Félicie aussi et Germaine ; les gars se font donner du Raymond, du Oscar, du Jules, du Jean-Marie, pas un seul Kevin à l'appel (mais ça viendra avec Abdullah et Léonarda, faut pas déconner, on est très accueillants avec les émmigrés à La Celle Saint Cloud, ya bien un jour où on va se mélanger, vers 3014, j'en suis sûre).  Et quand on leur pèse leur tranche de jambon ou leur steack haché de 100 grammes, (il y a quelques grammes de plus, je vous les mets, André ?) ils répondent : "Non !", histoire de montrer qu'ils ont encore la commande de leur vie. Et moi ? Je suis trop jeune pour la familiarité, Dunoyer, il me submerge d'un flot de " Madame Petit" long comme le gras, comme le bras, pardon. 

 

Mais bon, revenons au sujet que je voulais aborder, l'aquagym où toutes les ados (à partir de 55 ans) encore valides, se retrouvent, à la piscine Corneille tout récemment rénovée, le lundi et le jeudi, même Anne-Marie qui a 86 ans qui ne vient jamais sans être passée chez Roger, le coiffeur, sans ses boucles d'oreille et un magnifique rouge à lèvres, discrètement parfumée à l'eau de Cologne Saint-Michel. Elle  a dix enfants, plus les petits enfants et "les pièces rapportées", à Noël, ils seront 51 à table (Putain, l'angoisse, mais " Ce sont ses filles qui feront le service"). 

 

Attention ecce El Matador, Daniel, le mono, rien qu'à sa vue, ces dames frissonent toutes ce qui contribue à accentuer le remous du bassin-spa à 30° où nous étirons nos pauvres muscles frappés de raideur par la chute d'hormones : "Tu sais, avant mon retour d'âge, je montais les 5 étages de chez moi, maintenant, je prends l'ascenseur." "Ah, oui à partir d'un certain âge, on se fatigue plus vite..."

Bon, mais Daniel, il n'a pas que ça à foutre, juste après notre cours de 11h30, il a le 4e âge qui piaffe, canne à la main, maillots de bain des années 1920 pour les dames et moule-bite indécent pour ces messieurs (c'est incroybale qu'à 90 ans, il aient encore un sexe aussi énorme). Le temps qu'ils se foutent à la baille en s'exclamant : "OOOh, elle est plus froide que la semaine dernière !", prennent leurs frites, s'ébattent et remontent péniblement l'escalier qui les mènent aux douches, Daniel leur a juste fait faire deux trois abdominaux.

 

Mais parlons de notre séance de torture bi-hebdomadaire où Daniel s'ingénie à nous faire souffrir, nous assourdir avec Coldplay, enfin j'exagère, avant d'être dures de la feuille à cause de Coldplay, y a du chlore qui va passer sous le plongeoir. Bon on s'échauffe, on y va.

Le Daniel : "Allez-y Mesdames, serrez les fesses, gaînez les cuisses et pensez à la jolie table de fête que vous allez dresser pour recevoir votre famille à Noël. Je vois d'ici que mes collègues de l'accueil se foutent de moi...!"

Anne-Christine (la seule blonde-racine  à porter un deux pièces à fleurs roses pour l'aquagym) : "Ah oui, ils doivent se dire qu'est-ce qu'il peut les baratiner ces vieilles."

Houle réprobatrice des vieilles, moi en tête : "Ah, je vois que c'est l'heure des dindes, c'est la saison, on va pouvoir se les farcir et les fourre !" ce qui est une tautologie mais fait du bien par où ça passe.

Sophie se signe et implore le pardon de quelqu'un qu'on ne connaît pas car elle est luthérienne à la base  donc elle se signe pour n'importe quoi. Y compris, comme elle est jurassienne, à chaque fois qu'elle confectionne un brödele.

Brigitte (qui a reçu de la nature une dentition de les dents de la mer) : "Moi, j'suis retraitée de la fonction publique, j'chuis suis pas vieille, j'ai 53 ans, mais je suis veuve." (Son pauvre mari, elle a dû trop le sucer avec ses dents de louve, il en est resté raide).

Le Daniel :  "Ah ben tiens, comme personne ne t'attend, Brigitte, je vais te remettre dix minutes d'exercices abdominaux supplémentaires."

Tsunami de silence outré.

Catherine, une drôlesse qui n'en rate pas une : "Moi, j'ai été plaquée par mon mari avec trois enfants sur le dos, un oriental naturellement, croyez-moi, plus ça va plus je suis contente d'aller à la messe et là, je rentre vite me faire en solitaire mon boudin noir (elle hésite à dire boudin de couleur ou boudin keubla).

Sophie et moi : "On se retrouve à la cafète ? Daniel,  on t'offre un caoua !."

Daniel : "Ah, c'est vrai vous êtes les cinq mousquetaire de la machine à café;"

Diantre, Palsembleu, Ventre saint gris, Montjoie Saint Denis, à pied Bourguignons à Dada Champagne, le bougre a de la culture. Il a dû lire Alexandre Dumas dont le ravissant château se situe à une jetée d'IPhone de La Celle Saint-Cloud.  Mais pour le calcul, c'est le zéro pointé. Ce moniteur dans toute sa mâlitude va venir nous rejoindre pour se faire offrir un Cappucino.

Il s'avance dans toute sa virilité tranquille, T-Shirt siglé Moniteur de la piscine Corneille de La Celle Saint Cloud, de couleur marine et short rouge sur guibolles de poulets (l'homme est basque, élevé au grand air et nourri au maïs). Nous toutes, emmitouflées dans nos doudounes, surtout moi qui souffre d'une double épaisseur physique et textile. Tout ça parce qu'on s'étaent cotisées, surtout moi pour lui offrir une bouteille de Canard Duchène, le champagne le moins cher que j'ai trouvé à la foire au champagne des magasins Nicolas, il est dégueulasse, sûret et il fout des maux d'estomac, mais c'est-y pas l'intention qui compte ? A Partir de là, Daniel va nous raconter les horreurs qu'il a vécues avec une érotomane qui a pensé que, parce qu'il l'encourageait à faire ses mouvements, avait cru comprendre qu'il la désirait, toute baignée d'eau de Javel, et voulait la sauter dans la seule cabine de douche qui ferme.

Comme quoi, l'aquagym, c'est un excellent résau social, presque comme Facebook. Ou Meetic.

Copyright OlMaitre-nageur-copie-1.JPGivia van Hoegarden

Crédit photo : Internet.


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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 00:50

 

olivia cadréDans mon magazine féminin, supplément d'un journal du week- end... donc un journal pour les hommes, les vrais, ceux qu'on vénèrent dans notre quotidien. D'ailleurs, je me demande pourquoi, il n'y pas de supplément masculin aux magazines pour femmes. Bon, sujet la ménopause (ceux qui ne savent pas ce que c'est, vous pouvez zapper ce billet). Bref, la ménopause, comment la préparer ? (encore un magazine qui s'adresse à des femmes jeunes). Je vous liste, les points principaux sans vous emmerder 1) "Je garde de beaux muscles" (tu nettoies les surfaces de bureaux entre 3 et 6 dum', tu laisses les gosses à ton mari qui fait taxi, dans le meilleur des cas, ou bosse pas ou bosse en même temps que toi. Ça te muscle ta technicienne de surface, ça non ? 2) "Je ne prends pas de poids" Mais bien sûr, dès la ménop, tu t'en es fourré 15 k dans la vue pendant que tu fais conducteur de bus la nuit dans les banlieues et que ton mari, il embauche à 6 heures sur le chantier avec son marteau-piqueur. 3) "Je protège mon capital osseux" Ah bah, t'en as quand même un, de capital, tu voudrais pas en plus des stock options sur la Société Générale, non ? Et puis tu voudrais déguster une salade César chez Colette qui te coûterait tous tes tickets restau, (cette salope prend pas les tickets restau), mais ma parole, tu péterais pas un peu plus haut que ton cul, non mais des fois ? Il y a du monde, surtout des femmes qui vont se faire du lard là-bas, tu voudrais pas encombrer le chemin de ces comtesses du business et des princesses de la fesse, de ces pauvres petits kikis qataris et tes os, tu sais où tu peux les mettre ? Au cul de l'émir, il les fera revenir dans un puits de pétroles et ça nourrira les chameaux des contrées occidentales. Alors, laisse tomber, l'ostéoporose, c'est jamais que des petits éclats d'os qui se barrent de ta colonne vertébrale et tu vas te tasser, te tortiller puis tu marcheras courbée comme si toute ta vie, t'avais ramassé le pétrole avec tes pauvres mains. 4) « Je conserve un bon cœur » ? Ah ! Bon ? Tu as une copine qui a bon cœur ? T'en as de la chance ! Et conserver un beau cul, ça te dirait pas mieux ? et piquer le mec de ta pote qui a le coeur sur la main ? Sacré bonsouère de sacré vingt dieux, t'y avais pas pensé avant ? Ben t'as qu'à faire le casting de « L'amour est dans le pré », tu pourras convoler avec la volaille, balancer des vacheries comme la cochonne que tu es, te faire picorer comme du bon grain, sans souci de ta fiente cloaquale, des oeufs coque, au plat, brouillés, sunny side out, fried comme un chicken de chez KFC, avec le vieux pédo à moustache qui te fait croire, comme son pote Ronald, que chez lui, c'est frit, c'est gras, c'est béni. Mets ton cœur dans ta poche pistolet et ton mouchoir par-dessus ton âme, s'il t'en reste. 5) « Je fais l'amour le plus souvent possible ». Alors, là, si tu me permets Aaah, hahaha, Aaah, hahaha Aaah, hahaha Aaah, hahaha Aaah, hahahaAaah, hahaha Aaah, hahaha Aaah, hahaha Aaah, hahaha Aaah, hahaha Aaah, hahaha Aaah, hahahaAaah, hahaha v Aaah, hahaha v v Aaah, hahahaAaah, hahaha v Aaah, hahaha Aaah, hahaha Aaah, hahaha Aaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahavvvvAaah, hahahavvAaah, hahahaAaah, hahahavAaah, hahahaAaah, hahahavAaah, hahahaAaah, hahahavaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahavvvAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahavvAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahavAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahavAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahavvAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahavvAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahavAaah, hahahahahahahahahahahahahahahahahahahaha ! Enfin si tu peux, je ne vais pas t'en empêcher, hein mais excuse-moi vvvAaah, hahahaAaah, hahahavvvAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahavvvvAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahaAaah, hahahahahahahahahahahaha.

 

 


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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 22:54

seins

 

Bon, je l'avoue, je passe pas mal de temps sur Facebook, c'est sympa, rigolo, ça fait découvrir des gens, se rencontrer des personnes qu'on imaginait jamais connaître ou revoir. Mais il y a truc qui commence à me gonfler sévère, c'est les rubans roses qu'il faut liker et faire tourner, genre je me préoccupe vachement de mon prochain ou de ma prochaine et arrière le cancer, on tente de conjurer le sort, tiens prends toi ce ruban et si tu le fais pas tourner, t'es méchante. Et puis, les messages qui parviennent régulièrement dans le "tchat" privée des dames sur Facebook, et qu'on doit faire suivre aux copines : « Oh ouiiii, les fiiilles, c'est entre nous, les mecs, faut pas leur dire et puis qu'est-ce qu'ils y comprennent ces bourrins ?" Bon ok, je fais tourner et puis quoi ? J'éradique le cancer ? Ben non, il ne suffit pas de rappeler que le cancer, ce fléau, nous pend tous au nez, il faut aussi attirer l'attention sur la prévention et le dépistage. Ce soir encore, la semaine dernière aussi, sont arrivés dans ma messagerie FB des messages du type combien j'ai de piercings : "Tu mets le nombre de tes piercings et tu rajoutes et j'en suis fière" ou alors, déjà vu l'année dernière et revu cette année : "Tu mets ta date de naissance et si tu es née en février tu rajoutes Los Angeles" ce qui donne "Je pars pour L.A dans dix jours". Il n'y a que les femmes qui soient au courant de ce petit secret. Comme ça, les mecs, ils se demandent de quoi il s'agit. Mais personne n'explique jamais. Donc ça ne sert à rien sauf à faire parler les bavards comme disait mon père. Ainsi, il y a 3 ou 4 ans, je ne sais pas, le temps avec Facebook passe singulièrement plus vite, une "chaîne" proposait que chaque femme mette en statut FB la couleur de son soutien-gorge et on l'a fait et les mecs se sont tous demandés ce que c'était ce jeu dont ils étaient exclus. On en a même parlé à la télé. Wouahhh, Bertrand Delahououououousseeuh, il cause de la couleur de mes dessous. Et il révèle la grande vérité vraie : c'est pour attirer l'attention sur le cancer (du sein ou d'ailleurs). "Viens voir, chéri, avec mes copines, on passe à la télé qu'est-ce qu'il est beau le blondinet". Et retour sur les printemps arabes. Et puis quoi ? Rien? Pas un avis pas une mise en garde. Or, de quoi s'agit-il ? De prendre des mesures pour repousser les ravages du cancer et d'autres maladies et inciter les femmes (et les hommes) à se faire dépister. Et parler du cancer du sein et des autres ne sert à rien tant qu'on ne donne pas des conseils de prévention (hygiène de vie) et de dépistage pour toutes les maladies qui frappent les femmes (seins, col de l'utérus, ostéoporose) auxquelles il faudrait répondre : mammographie tous les deux ans surtout si on a des antécédents familiaux, frottis tous les ans et ostéodensitométrie à intervalles réguliers en accord avec le médecin traitant. Il ne faut pas non plus oublier de consulter régulièrement le généraliste qui coordonnera les examens à faire en fonction de l'âge de chacun. Et puis, les fibroscopies (par en haut) et les coloscopies (par en bas)...Sans parler de la moindre des choses : les prélèvements sanguins une fois par an. Facile à dire, pour la donneuse de leçon ? Faut qu'on ya qu'à ? Et quand bien même, si on faisait ça pour commencer ? Alors on pourrait parler de la couleur de nos soutifs.

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 15:22

 

 

première chose087Véritable phénomène des ventes de livres, Grégoire Delacourt a fait les beaux jours de son éditeur, des libraires, de tous les point com et ravi ses lecteurs. Pas radin pour un sou, en deux ans à peine, il a offert à son public deux pépites : « L'écrivain de la famille »(1) un peu autobiographique et « La liste de mes envies »(1), une vraie fiction puisqu'il y narre les aventures de Jocelyne, une mercière d'Arras. Fiction mais crédible puisque l'homme est du Nord et sait retranscrire comme personne, les petits détails qui font vrai. Voici son troisième roman. Hep ! Là-bas, vous avez vu ? Mais oui, c'est « La première chose qu'on regarde »(1) !

 

Après Jocelyne (2) qui gagnait gros au loto, voici Arthur Dreyfuss qui gagne aux gros lolos. Ce petit veinard de garagiste, 20 ans et un caleçon plein de Schtroumphs, voit débarquer dans son crépuscule des dieux de Hollywood de la D32 dans le sens Ailly-le Haut-Clocher à Long, la « plus belle poitrine du monde ». Le décolleté n'a pas besoin de se présenter, Arthur qui à l'oeil, identifie immédiatement le 95 B de Scarlett Johansson avec plusieurs « s » comme dans Arthur Dreyfuss . Ah, salut Scarlett, quel bon vent t'amène ? Si je m'attendais.. ! Qu'est-ce qu'il y a pour ton service ? Une révision des 50 000, un graissage, tu veux que je vérifie les niveaux, la batterie ? Mais ne reste pas là, entre, qu'est-ce que je t'offre, une mousse, une ficelle picarde(3), je ne sais pas moi... Le Wonderbra ne se gêne pas et franchit le seuil d'une belle aventure qui va durer quelques six jours, pas plus. Mais à ce stade, ni Arthur ni sa visiteuse pushupisée ne sont encore au courant. Alors, on les laisse baigner dans l'huile de moteur. Oh ! Pas de vulgaires allusions, ni de gestes déplacés, Arthur sait se tenir, ce n'est pas parce qu'une pin-up over bustée is lost in translation (4) à des milliers de kilomètres de Beverley Hills, qu'il va se conduire comme un goujat. A peine s'il tremble, s'il bégaye, hop ! les jolis bonnets effectuent une avancée définitive dans son living. La porte se referme. Ils se mettent plein de Ricorée derrière la cravate, font un lit comme on ne se couche pas et bonsoir. Arthur, relégué dans son canapé s'interroge mais ne trouve qu'une seule réponse : on ne bouscule pas une fille le premier soir, fut-elle l'une des protagonistes de « Deux sœurs pour un roi » (5). Arthur n'est pas Henry Tudor, il sait que « La grande pute » (6), n'est qu'un rôle de composition : « Il se tut car on ne domestique pas l'impossible, une fille comme Scarlett Johansson, dans l'impétuosité, l'urgence ; il faut de l'élégance, une forme de renoncement ». Et Arthur et Scarlett de renoncer et de se témoigner le plus grand respect. Pour un temps.

 

Et alors, et alors ?

 

Alors, Scarlett or not Scarlett? Grégoire Delacourt ne laisse pas longtemps son lecteur dans l'ignorance. Et puis, Arthur a déjà tout deviné car il sait invoquer Internet et son implacable instantanéité. Evidemment Scarlett n'est pas Scarlett, mais Jeanine Foucamprez une vraie paumée, mannequin itinérant, à peine un fantasme rebondi et qui n'en peut plus qu'on la prenne pour la plus sexy des stars. Jeanine est une vraie femme, toute de nichons et d'os, un must pour plaire au gars Arthur qui se berce des poèmes de Jean Follain : « S'appuyant au bras de sa fille/Portant le poids de sa beauté/Traquée à l'abri du corset. »

 

Pfiouw, on n'est pas sorti.

 

Arthur et Jeanine ont tout pour se plaire, leurs pères dans les azimuts, leurs mères dans l'éther de la folie ou de la haine. La sœur d'Arthur s'est fait bouffer par un clebs, le beau-père de Jeanine l'a bien évidemment poussée à l'un des ces gestes qui salissent et qu'on regrette toute sa vie. Non, ils n'ont pas été vraiment aimés. Arthur s'est retrouvé une figure paternelle avec son patron, PP, Jeanine, une figure maternelle avec sa tante bibliothécaire. Ils se débattent tous les deux dans un univers d'émotions précaires. A la merci d'une remarque désobligeante. Bref, ils dansent tous les deux sur un fil. Lequel des deux va se casser la gueule le premier ?

 

Gastronomie picarde

 

Bon, l'histoire est une chose, l'écriture qui soutient ces personnages en manque, si faibles, si sensibles, si touchants, en est une autre. Elle vertébralise les rêves absurdes, soutient la fragilité des personnages, leurs espérances inouïes, les contient, les encadre. Elle dessine un décor rempli de détails qui s'égarent en digressions et reviennent en boucles humoristiques, so « private joke » pour les nostalgiques des brumes et des prétentions picardes : à Amiens « Au relais des orfèvres, le restaurant du chef Jean-Michel Descloux, ils commandèrent le menu tradition ; trente euros quand même :.. »... « En entrée, la timbale de filet de lieu à la crème de chou-fleur ; en plat, le dos de merlu rôti au beurre d'algues, tuile craquante de jambon au jus de piquillos - sorte de poivron produit à Lodosa dans le Pays basque espagnol - et enfin, le chariot de fromages de Julien Planchon OU la carte des desserts...». Mazette ! Deux fois du poisson ! On le constate, les héros de « La première chose qu'on regarde » n'ont pas la fourchette dans leur poche, néanmoins, ils ne consomment guère. De pudeurs en non-dits, qu'adviendra-t-il de leur coup de foudre ? C'est la première chose laquelle on pense.

 

 

1 : Paru chez Jean-Claude Lattès

2 : Personnage principal de « La liste de mes envies »

3 : Feuilleté au jambon et au fromage, spécialité de la région picarde

4 : « Lost in translation » film de Sofia Coppola

5 : Film de Justin Chadwick qui oppose les deux sœurs Boleyn, Catherine et Marie, l'épouse et la maîtresse d'Henri VIII d'Angleterre

6 : « The Great Prostitute », surnom de Marie Boleyn, maîtresse d'Henri VIII,

 

« La première chose qu'on regarde » de Grégoire Delacourt

263 pages

17€

Jean- Claude Lattès

 

 

Copyright : Olivia van Hoegarden

Crédit photo : Getty Image

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 17:35

 

J'étais un sacré bouche en train,

Grande gueule et débauché

Entre Concorde et Stalingrad

Tu as fait la bouche qui boude

Mon coeur a fait boum

Et bouche bée

Je suis devenu métrograde

Je roulais des pelles et des mécaniques

Loulou the Kid gencives béton

Félin d'acrylique et griffes bidon

Tu avais le fou rire aux lèvres

Et ta robe riait à bouche déployée

J'avais le ticket

Tu avais une touche

J'étais louche

Toi de bonne souche

Mais il n'y a pas loin de la bouche aux lèvres

Et pendant que j'avais la bouche ouverte

Sur la pointe du bout de mes boots

Je t'ai fait un bout de chemin

Tu as l'oeil farouche

Mais tu n'es pas celle que vous croyez

Je me jette sur ta bouche

Je ne tombe pas sur un bec

Et quand je crie amour à la mer

Ta bouche bouée me lance un baiser

Affamé de cette flamme

Je me donne sans frein

Pour une bouchée de pain

Je t'arrache l'amour de la bouche

Parfois tu aimes parfois pas

Tu prends la mouche

Tu fermes pour cause de rage

On fait bouche à part

On dort motus et bouche cousue

Et moi je crève la gueule ouverte

Quand tu te couches

Je ne fais pas la fine bouche

Tu me trompes avec tes rêves

Puis tu te réveilles

Et tu me la baille belle

Avec ta bouche en cœur

Si mon ciel de lit se bouche

Je me planque

Je te regarde de mon coin

Tu m'en bouches un

Ta bouche est tableau

Tu la peins douce et lisse

Ta bouche est tableau

Tu n'as jamais fini de mettre la dernière touche

Attention femme au miroir

Je te vois

Tu te fais Mona Lisa

Tu signes un pacte avec la beauté du diable

Et ta bouche devient volcan

Lèvres de feu saveur de lave

Tu retournes à ton image

Tu bouges ta bouche

Tu te souris

Tu as bonne mine dans la glace sans tain

Si le temps te tire dessus

Bouche de canon contre bouche de passion

Ses cartouches s'émoussent

Ta bouche est toujours de la plus belle eau

Je ne discute pas de la bouche et des couleurs

Mais j'aime ton lipstick

Qui te dessine bouche vif

J'aime aussi ta lippe fixe

Quand tu passes la deuxième couche

Tu es une star

A toutes les moues tu fais mouche

Elle m'en fait baver ta bouche

J'en ai le gosier sec

Je m'y accroche comme une moule à son bouchot

Tu n'as fait qu'une bouchée

De l'écumeur de métro

Et quand tu baisses tes commissures

Tu signes mon arrêt d'amour

Alors bouche que veux-tu

Je tourne sept fois ma langue dans ta bouche

Avant de m'embarquer à l'embouchure de tes lèvres

J'ai fait le tour de ta bouche

Je n'en aurai jamais assez

Elle fait des Oh !

Elle fait le cul de poule

Et elle pond toujours non

Ta bouche elle crie que tu vis

Elle me tue de tes mots

Elle me rend tes plus beaux soupirs

Elle me met l'incendie à la bouche

Ta bouche

Je n'ai que ce mot à la bouche

Je l'ai au bord du cœur

Et quand je la touche

Ta bouche

J'ai envie de te cuisiner

Pour te croquemboucher

J'ai envie de t'évanouir

Pour te bouche à boucher

Et de te coucher

Pour te bouche à oreiller

Belle bouche

Garde-moi pour la bonne bouche/

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 09:34

 

Couv-atelier-copie-1.PNGOù se faire rafistoler quand on est un pantin fracassé par la vie ? Quand le hasard vous traite comme un bilboquet ? Quand le malheur vous pousse sur des montagnes russes ? Existe-t-il un lieu où l'on recolle les morceaux, qui ne soit ni HP ni hosto ? Comme les ours en peluche et les poupées, à la Clinique du jouet ? Découvrez L'Atelier des miracles, un lieu bien étrange où l'on vous remet des piles neuves.

 

 

Il y a le feu dans la vie de la jolie Millie. Pin pon, les pompiers arrivent mais Chaud devant ! elle se jette tout de même par la fenêtre, histoire de précipiter la rencontre. Sept mètres plus bas, elle bouge encore. Toute fracturée, elle se retrouve à l'hôpital, where else ? Elle a tout perdu et la mémoire avec. Oui, parfaitement, amnésique. Son cas attire l'attention de Jean Hart, un homme de cœur, il la réquisitionne pour l'entreposer au chaud dans une chambre de son Atelier. Il va la relooker, la rééduquer et lui reconstituer une vie aux petits oignons.

 

Appelez-le Mike, Monsieur Mike

 

Mike, Monsieur Mike, lui aussi a grand besoin de se faire nettoyer les circuits. Clodo, alcoolo, il a eu autrefois la fleur au fusil, il n'est plus qu'un salaud de déserteur. Il croit tenir le haut du pavé, enchristé sous son porche mais ses collègues SDF convoitent son royaume de bitume. Ils ourdissent un complot : lui décapsuler le tronche dès que la vinasse aura eu raison de sa vigilance. Et hop ! Un client de plus pour le Samu ! Les infirmières le chouchoutent mais il sait bien qu'il va falloir retourner dans la rue. Oui mais non, Monsieur Jean repère en lui les phéromones mâles qui demandent encore à dominer. Derechef, il lui taille le costard de chef de la sécurité dans son fameux Atelier. Mike va croiser le chemin de Millie la flambeuse et celui de Mariette, cataloguée percutée du bulbe par son époux, un respectable député.

 

Un rêve de prof

 

La Mariette, enseignante exemplaire, gifle un élève impertinent, Oh ! Elle a osé ce dont rêvent tous les profs, certes, mais a-t-elle seulement songé à la réputation de son mari : fait divers à la Une, si près des élections ? Pauvre conne ! « Mon nom traîné dans la boue ! » Va te faire numéroter les abattis à l'Atelier. J'ai dit, ne discute pas, tu me fais honte, ma pauvre amie. Et ne reviens qu'après révision complète. Et Monsieur Jean de fourbir ses clés de douze, il va vous retaper tout ça. Les rouages encrassés, ça le connaît

 

Un roman tombé pas loin du polar

 

Ca c'est pour les protagonistes, bientôt antagonistes (?), de L'Atelier des miraclesque Valérie Tong Cuong a érigé, rédigé, autour de ses incroyables personnages, si attachants dans leur parano manichéîste : c'est pas de ma faute, c'est les autres, la chance est contre moi, moi qui ait toujours tout bien fait, surtout souffrir mais souffrir un martyr de chrétien contre lequel je ne peux rien car je suis coupable d'exister. Et puis, de l'éloge de l'Abbé Pierre, ça tourne presque au polar entre rebondissements et retournements de situation. On lit, la bouche nous bée, l'air nous manque, et que je te manipule, Millie, et que je te mets des ficelles aux marionnettes, Mariette, et que je te mens un max, Mike. On tombe dans le piège, c'est bien fait pour nous. L'imagination débordante et machiavélique d'un Douglas Kennedy, emballée dans une écriture qu'on ne pensait pas trouver sous la plume d'une si jolie blonde. Ici, un chat s'appelle un chat, une bite, une bite et une bière, une binouse. Rien que des mots qui sont sûrement dans le dico.

A lire sans reprendre son souffle.

 

Copyright : Olivia van Hoegarden,

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